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General Electric accélère la cession de ses actifs financiers

General Electric accélère la cession de ses actifs financiers

Le groupe serait près de céder un portefeuille de prêts de plus de 30 milliards de dollars à Wells Fargo. Son objectif : dégonfler le bilan de sa filiale Financière GE Capital pour perdre le statut d’établissement systémique.

Annoncé le 10 avril dernier, le recentrage de General Electric sur ses activités industrielles se poursuit à marche forcée. Le conglomérat américain, présent surtout dans l’aéronautique, l’énergie, les transports et la santé, serait ainsi en passe de céder à la banque Wells Fargo un portefeuille de crédits spécialisés d’une valeur supérieure à 30 milliards de dollars (26,4 milliards d’euros), aujourd’hui logé au sein de sa filiale financière GE Capital. Selon plusieurs sources citées par Reuters ce week-end, un accord pourrait être annoncé mercredi, lors de la publication des résultats trimestriels de la banque américaine.

Quatrième opération entre GE et Wells Fargo

En avril dernier, Wells Fargo avait déjà signé, en partenariat avec Blackstone, la reprise d’actifs immobiliers de GE Capital Real Estate pour 26,5 milliards de dollars. La banque basée à San Francisco a aussi repris au conglomérat un portefeuille de crédits immobiliers mexicains et australiens d’une valeur de 9 milliards de dollars, ainsi que des activités dans le leasing de wagons et de locomotives. Cette quatrième opération avec la banque permettrait à General Electric de largement dépasser son objectif de cession de 100 milliards de dollars d’actifs financiers à la fin de l’année. Le groupe a en effet déjà cédé près de 97 milliards de dollars sur un total de 200 milliards de dollars – soit 75 % des activités de GE Capital – dont General Electric veut se délester d’ici à fin 2017 afin de ne conserver au final que son activité de financement directement liée à ses activités industrielles.

Un trop lourd statut d’établissement systémique

Surtout, la vente de ce gros portefeuille de crédit permettrait de dégonfler sensiblement le bilan de GE Capital. La filiale financière de General Electric, qui avait été source de difficultés importantes pour le groupe durant la crise financière en 2008, cherche en effet à sortir au plus vite de la catégorie des banques d’importance systémique dans laquelle le régulateur américain l’a classée en 2013. Ce statut impose en effet de lourdes contraintes capitalistiques et réglementaires. « Nous aurons accompli de manière substantielle notre stratégie de sortie [de cette catégorie] d’ici à la fin de 2016 », avait prévenu en août Keith Sherin, le patron de GE Capital. C’est toutefois au Conseil de supervision de stabilité financière (FSOC), créé en 2010 par la loi Dodd-Frank, de valider ce changement de catégorie. Jamais il n’a encore consenti à un tel déclassement.

Ninon Renaud / Chef de service Finance
lesechos.fr

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