Accueil / Finances / Ghana : la banque centrale redoute une hausse de l’inflation, malgré une croissance solide

Ghana : la banque centrale redoute une hausse de l’inflation, malgré une croissance solide

Ghana  : la banque centrale redoute une hausse de l’inflation, malgré une croissance solide
Banque centrale ghanéenne s’attend à ce que la hausse du prix du pétrole et la baisse de la monnaie tirent l’inflation à la hausse. Ces inquiétudes sont exprimées dans un contexte où le Ghana se distingue comme le pays à la plus forte croissance en Afrique et tente une reprise en main de ses finances, soumises à rudes épreuves par la dernière crise.

La hausse des prix du pétrole et la chute de la monnaie ghanéenne menacent de faire grimper l’inflation, a déclaré mardi le gouverneur de la banque centrale, Ernest Addison.

«Les prix du pétrole ont augmenté et les coûts de transport ont également augmenté. Nous pensons donc que les perspectives d’inflation seront menacées», a déclaré le gouverneur de la Banque centrale du Ghana dans une interview accordée à Bloomberg TV.

Il a toutefois assuré que la tendance ne va pas pour l’instant dévier le pays de ses objectifs. Le Comité directeur de la politique monétaire du Ghana a pour sa part revu à la baisse son taux directeur de 900 points de base au cours des deux dernières années.

La banque centrale à la rescousse

Le dernier mouvement s’est déroulé au cours du mois de mai dernier, après que l’inflation a ralenti pour atteindre son plus bas niveau depuis au moins cinq ans. Bien que la croissance des prix ait repris depuis, elle reste dans la fourchette cible de 6% à 10%. En dépit de cette hausse, les principaux indicateurs restent au vert. En effet, après une traversée du désert marquée par la chute des prix des hydrocarbures, l’économie ghanéenne a fini par retrouver des couleurs. Le pays ouest-africain devrait afficher la meilleure croissance africaine en 2018, estimée à plus de 8%. Une croissance tirée par une série de réformes, notamment l’amélioration du recouvrement fiscal, mais surtout la hausse des prix des matières premières comme l’or, le cacao ou encore les hydrocarbures. Ces dernières sont les principales sources de revenus du pays dont le PIB est estimé à quelque 43 milliards de dollars.

Consolider les acquis

Le Ghana entend rester sur la voie du développement en s’appuyant sur ses propres ressources et sur une gestion rigoureuse des finances publiques, sans le soutien des institutions de Bretton Woods, notamment le FMI. Les autorités d’Accra ne veulent également pas renouveler avec ce dernier l’accord qui arrive à échéance en 2018. Pour financer ses projets de développement, le pays préfère se tourner vers les marchés financiers.

Cependant, afin de maintenir le dynamisme et écarter tout risque de récession, le Ghana pourrait améliorer la gestion de ses entreprises publiques notamment dans le domaine de l’énergie. Aussi, le pays doit enrayer la dynamique haussière des prêts non performants et instaurer une meilleure souplesse budgétaire pour être plus résilient face aux chocs externes, sachant que 60% de la dette ghanéenne est détenue par des organismes externes.

afrique.latribune

Aller en haut