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Ghana : la dépréciation de la monnaie locale pourrait avoir un impact négatif sur la viabilité de la dette publique

Ghana : la dépréciation de la monnaie locale pourrait avoir un impact négatif sur la viabilité de la dette publique

Selon une étude réalisée par le cabinet Databank Research sur la gestion de la dette publique du Ghana, la déprécation de la monnaie ghanéenne fait courir des risques importants au programme de viabilité de la dette du pays.

Le cabinet d’étude ghanéen explique cette situation par la forte exposition de la dette publique du pays aux investisseurs étrangers ainsi qu’aux fluctuations du dollar américain.

En effet, à fin 2017, la dette extérieure représentait 53% du portefeuille total de la dette du Ghana, contre 56% en 2016. Tandis que la dette libellée en dollar américain représentait 65% du stock de la dette extérieure, et 69% en 2016.

« Bien que le gouvernement réduise la composante de la dette extérieure en raison de la forte exposition aux investisseurs étrangers, toute dépréciation de la monnaie locale augmente automatiquement le stock de la dette même s’il n’y a pas de nouvel emprunt.», estime Databank Research.

Et cela est d’autant plus accentué que même les obligations domestiques libellées en cedi (la monnaie locale) sont également fortement souscrites par les investisseurs étrangers. « En dehors de la dette strictement extérieure, même nos obligations domestiques (bien que libellées en cedi) sont dominées par des investisseurs étrangers. Alors, quand ils [les investisseurs étrangers] doivent vendre pour quitter notre marché, ils réclament des dollars en échange du cedi pour sortir – et cela ajoute aux pressions de dépréciation», explique Courage Martey, analyste chez Databank Research.

Selon la Banque centrale du Ghana, alors qu’il s’échangeait à 4,4086 GH ¢ pour un dollar au 7 mai 2018, le cedi s’est par la suite déprécié de 0,7% à 4,4378 GH ¢, le 7 juin dernier.

Ainsi, même si la Banque centrale du Ghana assure que cette dépréciation du cedi est temporaire et qu’elle travaille sans relâche pour freiner la baisse, les analystes estiment que si le gouvernement ne réduit pas significativement la dette extérieure, ses efforts seront limités.

Toutefois, Databank Research note que les perspectives du Ghana en matière de viabilité de la dette au cours des trois prochaines années, ont été renforcées par les récentes améliorations de l’environnement budgétaire, associées à des stratégies prudentes de gestion de la dette.

Par ailleurs, un excédent primaire soutenu, réduira les besoins d’emprunt du secteur public et ralentira le taux de croissance du portefeuille de la dette. « L’objectif d’excédent primaire de 2% du Ghana, s’il est atteint, mettrait fermement le pays sur la voie de la viabilité de la dette – en particulier si elle est maintenue au cours des trois prochaines années ».

Le cabinet d’étude ghanéen relève tout de même que les perspectives budgétaires positives dépendent essentiellement d’une mobilisation accrue des recettes intérieures, les réductions de dépenses mises en œuvre en 2017 s’avérant insoutenables à moyen terme.

A noter que selon la Banque centrale du Ghana, la dette publique du Ghana a atteint 142,5 milliards de cedis (environ 32,2 milliards $) en décembre 2017, soit 69,8% du PIB. Un chiffre en baisse par rapport à 2016 où la dette a atteint 73,3% du PIB.

Borgia Kobri
agenceecofin

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