dimanche 18 août 2019
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Ghana : la dette extérieure atteint 18 milliards $ et pourrait à terme peser sur la stabilité macroéconomique

Ghana : la dette extérieure atteint 18 milliards $ et pourrait à terme peser sur la stabilité macroéconomique

Fin novembre 2018, le stock de la dette extérieure du Ghana était de 18 milliards $, apprend-on des indicateurs récemment fournis par la banque centrale (Bank of Ghana). Même si l’impact sur le Produit Intérieur Brut (PIB) est descendu très légèrement à 28,9% (contre 29,3% en fin 2017),  il en ressort tout de même des signes d’inquiétudes.

Malgré le relèvement de la balance commerciale à 1,7 milliard $ à la fin du mois de décembre 2018, on peut noter que la dette extérieure du pays représentait jusqu’à 10 fois ses exportations nettes. Or dans le même temps, la position extérieure du pays s’est légèrement détériorée.

Ses réserves internationales brutes à la fin décembre 2018 s’élevaient à 7 milliards $ et  ne couvraient plus que 3,7 mois d’importations, contre 7,5 milliards $ en décembre 2017, pour 4,3 mois d’importations. Ceci, bien que sa balance commerciale ait été soutenue en 2018 par le secteur pétrolier (qui n’est pas particulièrement créateur d’emplois et de croissance inclusive directe).

Les secteurs économiques traditionnels que sont l’or et le cacao ont généré moins de revenus en devises, avec des contributions respectives aux exportations de 5,4 milliards $ et 2 milliards $, contre 5,7 milliards $ et 2,6 milliards $ à la fin de l’année 2017. Or, ces deux secteurs sont ceux qui emploient le plus de main d’oeuvre. Enfin les revenus du compte de capital (placements et investissements extérieurs) ont presque été divisés par deux, passant de 3 milliards $ à 1,5 milliard $ sur la période concernée.

 Le gouvernement s’est donnée pour ambition de réduire substantiellement sa dette d’ici la fin 2021. Mais en attendant, il devra continuer d’emprunter sur le marché international et a déjà annoncé la possibilité d’y solliciter 3 milliards $. Sa dernière sortie sur le marché international en mai 2018 avait été sur-souscrite 4 fois.

Les investisseurs connaissent déjà bien le pays qui n’a jamais fait défaut sur ses eurobonds en cours sur le marché international. Leurs sentiments sur les sorties de 2019 seront à suivre. Les perspectives de fortes croissances qui avaient stimulé le marché l’année dernière ont été démenties. La croissance du PIB (6,4%) a été en dessous des projections situées vers les 8%.

Un recours plus important sur le marché local (pour des financements de court et de long terme) est désormais envisageable. La banque centrale du pays semble avoir préparé le terrain pour cela. Entre décembre 2017 et janvier 2019, elle a baissé son taux directeur de quatre points de pourcentage, le faisant passer de 20% à 16%.

Idriss Linge

agenceecofin

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