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Google postule au Privacy Shield, le “bouclier” transatlantique pour les données personnelles

Google postule au Privacy Shield, le “bouclier” transatlantique pour les données personnelles

Google s’est officiellement inscrit auprès du ministère du commerce américain pour une certification au Privacy Shield Un sujet qui reste sensible pour les défenseurs des libertés sur Internet mais aussi pour les entreprises du numérique. Entre la confiance des internautes dans la protection de leurs données et la rentabilité de leurs services, le choix n’est pas tranché, mais reste sensible.

 

 

Après Microsoft et Salesforce, c’est au tour de Google de s’enregistrer officiellement auprès du ministère américain du commerce afin d’obtenir une certification conforme au Privacy Shield. A l’heure où la France s’apprête à demander l’arrêt des négociations sur le Traité de libre-échange transatlantique, ce texte fait lui-aussi débat. Successeur du Safe Harbour invalidé par la Cour européenne de justice en octobre 2015, il a pour objectif la très sensible protection de la vie privée des Européens dans le cadre du transfert de leurs données personnelles vers les Etats-Unis. Le nouveau “bouclier” défraie tout autant la chronique dans une confusion tout aussi grande que son prédécesseur.

Imprécis et favorable aux entreprises américaines ?

Certains observateurs, défenseurs d’une protection forte, ont noté les failles du nouveau texte. Celui-ci ne tient compte pour l’instant ni de la collecte automatique de données, ni de la constitution de profils. Pour de telles raisons, le Privacy Shield est d’ailleurs amené à évoluer chaque année. Isabelle Cantero, avocat, responsable du pôle vie privée et données personnelles du cabinet Caprioli & Associés pointait du doigt dans l’Usine Digitale le 15 juillet, le volume du texte (44 pages décrivant la décision d’adéquation et 104 pages d’annexes), ainsi que son “manque de clarté, voire ses incohérences terminologiques. Mais elle critique aussi le fait que le texte repose “essentiellement sur une base d’auto-certification des entreprises américaines”.

peser le pour et le contre

Le Privacy Shield a été acté le 12 juillet et depuis le 1er aout, les entreprises peuvent s’inscrire pour obtenir la certification associée. Gageons que depuis, les armées de juristes de la Silicon Valley en particulier y ont travaillé d’arrache-pied. Il leur faut peser le pour et le contre. Un choix cornélien, plus stratégique, voire politique, que seulement juridique. Pourtant, même si l’invalidation du Safe Harbour les a laissé plusieurs mois dans un niveau d’incertitude dont ils n’ont ni l’habitude, ni le goût, les grands du numérique ne se bousculent d’ailleurs pas pour adopter le Privacy Shield.

Google inscrit

Il faut dire que les données des internautes les nourrissent au quotidien. Sans frontières. Et sans l’échange et l’utilisation de ces informations, leurs services perdent tout leur intérêt et par la même occasion, leur capacité à générer des revenus. Reste que, sous la loupe de plus en plus insistante des gouvernements, des régulateurs et des internautes, ces mêmes entreprises font en sorte de se conformer aux règles. Pas question de passer pour le mouton noir. Google, lui, a donc basculé le 29 aout. Et précise même qu’il collaborera avec les autorités européennes de protection des données.

 

 

Emmanuelle Delsol / usine-digitale.fr

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