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Grèce: coup de théâtre encore possible?

Grèce: coup de théâtre encore possible?

On connait le penchant des Grecs pour le mélodrame, mais celui qui se joue ces jours-ci à Athènes, prend des proportions inattendues.

À force de tenir les marchés en haleine depuis cinq ans avec tous ses rebondissements, la crise grecque provoque l’exaspération, ce que certains à Wall-Street ont baptisé «Gretigue» ou «fatigue grecque».

La guerre des mots a pris une ampleur historique, entre les politiciens et les technocrates grecs et européens, et entre les politiciens grecs, tous et chacun s’accusant de mauvaise foi, de chantage et de manipulation des faits.

À moins de 48 heures du référendum, l’urgence des enjeux de la crise grimpe d’un autre cran.

Le Fonds européen de stabilité financière (FESF), le principal créancier du pays, avec des prêts totalisant 144,6 milliards d’euros, a déclaré officiellement la Grèce en “défaut” de paiement, tandis que les banques grecques en seraient déjà à leurs derniers 500 millions de coupures en euros.

Les images de Grecs âgés qui se ruent sur les banques pour recevoir une portion de 120 euros de leur allocation mensuelle de retraite, la présence de soldats aux abords des banques, ainsi que les hauts cris des gens d’affaires grecs incapables de commercer, haussent la pression sur les autorités européennes qu’on accuse de manquer à leurs devoirs de solidarité.

Une nouvelle entente négociée en privée ajoute au suspense

Le 7 juillet, Yanis Varoufakis, le flamboyant ministre des Finances de la Grèce, a ajouté au suspense en faisant une entente possible qui aurait été négociée confidentiellement. La proposition reçue pourrait devenir une nouvelle base de négociations, advenant qu’un vote contre l’austérité améiore le rapport de force de la Grèce avec les créanciers.

Il faisait ainsi écho au premier ministre Alexis Tsipras qui avait mystérieusement promis la veille à ses compatriotes une entente avec les créanciers dans les 48 heures après le référendum.

Le vent pourrait avoir tourné au cours des dernières heures, avec un appui voilé du Fonds monétaire International (FMI), aux revendications grecques et le début d’un processus pour libérer des fonds d’urgence en vertu du Mécanisme européen de stabilité.

Ce n’est certainement pas un hasard que le FMI ait dévoilé jeudi une étude précisant que la Grèce a besoin d’un troisième plan de sauvetage de 50 milliards d’euros, sur trois ans, en plus d’un rééchelonnement de sa dette pour s’en sortir, peu importe l’issue du référendum.

Vendredi, l’Organisation de coopération et de développement économique a aussi émis une nouvelle mise en garde concernant les dangers du haut niveau de dettes publiques sur les économies. La dette publique atteint 111% du produit intérieur brut en moyenne dans l’ensemble des 34 pays membres de l’OCDE et 180% en Grèce.

Et c’est par cette porte entrouverte que le premier ministre grec tente le tout pour le tout, le 7 juillet, réclamant une réduction de 30% de la dette grecque et une période de grâce de 20 ans.

Les sorties de MM. Tsipras et Varoufakis sont-elles les ultimes manoeuvres désespérées d’un gouvernement assiégé, avant le paiement de 3,5 milliards d’euros du à la Banque centrale européennes le 20 juillet? On le saura bien assez vite lorsque les résultats du référendum nous arriveront entre 14 et 16h dimanche.

La confiance, un carburant sous-estimé

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