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Guillaume Faury, successeur évident aux commandes d’Airbus avions

Guillaume Faury, successeur évident aux commandes d’Airbus avions

Le successeur désigné de Fabrice Brégier à la présidence d’Airbus commercial aircraft était le candidat le plus légitime en interne. Mais il va devoir faire ses preuves en division 1.

Grand gagnant du remaniement de la gouvernance, Guillaume Faury présente la particularité rare, en cette période troublée, de faire l’unanimité pour lui. Le patron d’Airbus Helicopters coche en effet toutes les cases pour apparaître comme le mieux placé au sein du groupe pour succéder à Fabrice Brégier à la présidence d’Airbus commercial aircraft. Son nom circulait d’ailleurs depuis quelque temps sans susciter de levée de bouclier.

La génération des quadras

Agé de 49 ans, il représente « la nouvelle génération de leaders » évoquée par Tom Enders,. Ceux qui n’ont pas participé aux débuts d’EADS mais cumulent une longue expérience industrielle et commerciale dans l’aéronautique civile et militaire, ainsi qu’une expérience dans un autre secteur industriel – en l’occurrence l’automobile puisque Guillaume Faury a occupé différentes postes de direction chez PSA de 2008 à 2010 – susceptible d’apporter un regard et des pratiques nouvelles chez Airbus.

Un bon bilan chez Airbus Helicopters

Au sein d’Airbus Group, qu’il a rejoint en 2014 après son séjour chez Peugeot, Guillaume Faury a pour lui un bilan positif aux commandes de l’ex-Eurocopter , qu’il a réussi à piloter en douceur depuis 2014 à travers l’une des crises les plus sérieuses de son histoire.

Malgré la crise du secteur pétrolier et le crash d’un H225 en Norvège qui ont fait plonger les ventes d’hélicoptères lourds, Airbus Helicopters a préservé sa place de numéro un mondial des hélicoptères civils et a même renforcé ses positions face à ses concurrents, grâce à quels beaux succès commerciaux, dont une commande record de la Chine et des ventes d’hélicoptères militaires. Dans le même temps, Guillaume Faury a réussi à vendre en interne aux syndicats, une profonde réorganisation du schéma industriel d’Airbus Helicopters, sur le modèle de celui d’Airbus avions, assortie de réductions d’effectifs et de modification du temps de travail, sans susciter de levée de boucliers en France ni en Allemagne. Ce qui n’était pas gagné.

Aucun lien avec les affaires en cours

Et par dessus tout, Guillaume Faury présente le grand avantage de ne pas être mélé ni de près , ni de loin, aux différentes affaires qui ont déstabilisé la gouvernance d’Airbus. Et ce pour la simple et bonne raison qu’il n’était pas chez Airbus lors de la conclusion des ventes d’avions dans le collimateur du Parquet national financier et du Serious Fraude office britannique. Il n’était pas non plus chez Eurocopter lors de la commande du Kazakhstan, cible d’une autre enquête pénale française. Du point de vue du conseil d’administration, il offre donc toutes les garanties nécessaires pour satisfaire les exigences de retour à l’éthique, donner satisfaction aux juges français et britanniques, réduire l’amende finale et éviter une mise en cause d’Airbus par la justice américaine.

Un an pour faire ses preuves

Reste à savoir si ce passage express de la division 2 à la division 1 permettra à Guillaune Faury de faire ses preuves, au point de pouvoir prétendre, d’ici un an à la succession de Tom Enders lui-même. Contrairement à Fabrice Brégier, qui faisait fonction de numéro deux du groupe, Guillaume Faury ne récupèrera pas le titre de directeur général adjoint en février prochain et ne sera que le président d’Airbus commercial aircraft. Une fonction certes essentielle, mais où d’autres avant lui se sont brûlés les ailes et qui peut également se banaliser, avec la concentration des pouvoirs entre les mains de Tom Enders.

Contrairement à son prédécesseur, le futur directeur commercial d’Airbus, Eric Schulz, rapportera ainsi directement à Tom Enders. Guillaume Faury n’aura donc pas son John Leahy et devra également gérer le départ en retraite de tous les dirigeants historiques d’Airbus, comme le directeur des opérations Tom Williiams, le directeur des programmes Didier Evrard et bien d’autres responsables qui ont tous contribué à faire d’Airbus ce qu’il est aujourd’hui. Pas facile.

Bruno Trévidic
lesechos

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