samedi 20 avril 2019

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Heineken chasse sur les terres du « sans alcool » de Kronenbourg

Heineken chasse sur les terres du « sans alcool » de Kronenbourg

Le brasseur néerlandais veut doubler ses performances sur le segment aux trois quarts dominé par Kronenbourg de la bière sans alcool en 2019.

La bière sans alcool a longtemps été considérée comme « un sacrilège », dit Joao Abecasis, le directeur général de Kronenbourg France . Les temps ont bien changé. Le « sans alcool » est devenu tendance. On le retrouve partout y compris dans les bières artisanales. Kronenbourg qui a été le grand pionnier en la matière avec le lancement de la marque Tourtel dans les années 60, s’en targue aujourd’hui. Bien que contrôlant déjà 70 % des ventes de bière sans alcool, le brasseur alsacien poursuit sa progression. Il a vu les ventes de « Tourtel twist » bondir de 30 % en 2018. La gamme va s’enrichir en 2019 d’une Tourtel au jus de pêche.

Gisement de croissance

Son concurrent néerlandais Heineken, numéro un en France avec un chiffre d’affaires de 1,03 milliard contre 972 millions pour Kronenbourg, a pris le train en marche. Mais il va mettre des bouchées doubles en faisant de la Heineken 0.0 « son fer de lance » en 2019. Lancée en 2017, cette bière sans alcool a doublé ses ventes en 18 mois et s’est arrogé le quart du marché. Le brasseur néerlandais a recruté de nouveaux clients. « 66 % des acheteurs d’Heineken 0.0 en 2018 n’avaient jamais acheté de bière sans alcool auparavant ». Heineken y voit « un nouveau gisement de croissance ». Le groupe prévoit un investissement de 6 millions d’euros pour installer la technologie 0.0 sur les lignes de production de sa brasserie de Schiltigheim en Alsace. Une façon de jouer sur l’engouement pour le local alors que cette bière est brassée aux Pays-Bas. Il annonce parallèlement l’arrivée en avril de la toute première bière d’abbaye « zéro » en France avec Affligem, « une priorité majeure ».

Investissements

Les brasseurs ont le sourire. Le marché de la bière, qui n’a connu que le déclin pendant trente ans, a bel et bien tourné la page depuis cinq ans. « L’image de la bière est en pleine mutation. Elle est même mieux perçue que le vin quand il s’agit de goût et de diversité », estime Joao Abecassis. Beaucoup grâce à l’incroyable explosion des microbrasseries. Elles étaient 900 en 2017. Un an après, on en comptait 1.600. Les brasseurs multiplient aussi les investissements. Kronenbourg va injecter 300.000 euros sur cinq ans dans l’amélioration variétale et la productivité du houblon . En 2019, il mettra 45 millions d’euros dans l’accroissement de 30 % de ses capacités de stockage à Obernai et pour augmenter sa production de 500.000 hectolitres. Puis 60 millions d’euros de plus dans la modernisation de ses lignes.

Marie Josée Cougard
lesechos

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