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Honda relève ses prévisions annuelles, aidé par le repli du yen

Honda relève ses prévisions annuelles, aidé par le repli du yen

Le constructeur d’automobiles et de deux-roues japonais Honda a nettement relevé vendredi ses prévisions du fait du récent repli du yen, après avoir enregistré un bénéfice net en hausse de 19% sur les neuf premiers mois de 2016/17.

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Il s’attend désormais à un bénéfice net annuel de 545 milliards de yens (4,5 milliards d’euros) au lieu de 415 milliards, et un bénéfice d’exploitation de 785 milliards au lieu de 650 milliards
Il avait déjà revu positivement ses estimations fin octobre, saluant l’effet du lancement de nouveaux modèles et du rafraîchissement de modèles existants, des réductions de coûts et de moindres dépenses de qualité, alors que s’estompe l’impact de l’affaire Takata.
Il cite une nouvelle fois ces facteurs pour expliquer les bons résultats enregistrés entre avril et décembre : un bénéfice net de 520,6 milliards de yens (+18,9%) et un bénefice d’exploitation de 702,6 milliards (+23,9%).

Depuis, la tendance s’est en outre inversée sur le marché des changes : le yen s’est affaibli face au dollar suite à l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis début novembre, ce qui est venu atténuer la pression sur les groupes exportateurs japonais. Le dollar est désormais attendu sur l’ensemble de l’exercice à 107 yens, contre 103 yens auparavant.
Au final, Honda espère donc un fort rebond par rapport à un exercice précédent miné par les airbags défectueux de l’équipementier Takata, scandale qui s’était traduit par de lourdes charges dans ses comptes.
Si le constructeur japonais atteint les projections formulées vendredi, il verra ses bénéfices grimper de plus de 50% (+58,2% pour le résultat net, +55,9% pour celui de l’exploitation).

- Incertitudes liées à Trump -

Le chiffre d’affaires, plus sensible aux devises, devrait cependant fléchir de 5,5% à 13.800 milliards de yens (13.400 milliards précédemment escomptés), une baisse en ligne avec les neuf premiers mois (-6,5% à 10.235,7 milliards de yens).
En volume, Honda a écoulé sur la période un peu plus de voitures qu’un an plus tôt, des ventes tirées par l’Amérique du Nord et la Chine : 2,7 millions d’unités, pour un objectif annuel de près de 3,7 millions, dont quasiment 2 millions sur le seul marché nord-américain.
Selon des analystes de Bloomberg Intelligence, Honda est moins exposé que ses concurrents japonais à un éventuel changement de règles commerciales sous l’impulsion de Donald Trump, car il fabrique déjà aux Etats-Unis 70 à 80% des voitures qu’il y vend.
L’industrie automobile est devenue la cible privilégiée du nouveau président américain, qui a promis lors de la campagne électorale de rapatrier les emplois industriels. Les constructeurs se sont depuis empressés à donner des gages de bonne volonté au milliardaire, dans l’espoir d’éviter l’imposition de taxes douanières.

Le numéro un japonais Toyota a notamment promis 10 milliards de dollars d’investissements aux Etats-Unis sur cinq ans. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe, qui a rencontré vendredi son PDG Akio Toyoda, selon les médias locaux, devrait saisir l’occasion d’un sommet le 10 février à Washington avec Donald Trump pour insister sur l’importante contribution des groupes japonais à l’économie américaine.

Du côté des deux-roues, Honda a vu ses ventes augmenter entre avril et décembre 2016 à 8,5 milliards d’unités, grâce au Pakistan et au Vietnam, mais le groupe a souffert au Brésil mais aussi en Inde, où la consommation a brutalement ralenti après la décision du gouvernement nationaliste hindou de Narendra Modi de démonétiser 24 milliards de billets.
Du fait de ces difficultés en Asie, la compagnie a abaissé son estimation annuelle à 11,26 millions de deux-roues, contre 11,7 millions auparavant.

anb/ggy
isinJP3633400001TOYOTA MOTOR
isinJP3457000002TAKATA
lepoint / AFP

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