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Il est nécessaire d’agir sur l’offre pétrolière

Il est nécessaire d’agir sur l’offre pétrolière

Le ministre russe de l’Énergie, Alexandre Novak, a quitté Alger bien avant la clôture de l’IEF15. Certains y ont vu une sorte de défection de la part des Russes.

 

Le ministre de l’Énergie, Noureddine Boutarfa, a animé, hier, à la clôture de la 15e édition du Forum international de l’énergie (IEF), une conférence de presse au cours de laquelle il a souligné qu’il y a aujourd’hui une convergence de vues sur la nécessité d’agir sur l’offre pétrolière dans le but de faire remonter les cours du brut et de résorber le surplus de pétrole. L’on sait que les prévisions de la demande de pétrole en 2016 sont à la hausse de 30 000 barils/jour, pour atteindre 94,26 millions de barils. Une telle croissance est liée à l’augmentation de la consommation en matières premières dans certains pays d’Europe et d’Asie au premier semestre. Normal, plusieurs pays, notamment la Chine, achètent énormément de pétrole à des prix bradés et le stocke. Mais, ils ne peuvent le faire indéfiniment, car les réservoirs de stockage de pétrole arriveront à saturation, les réserves dépassant aujourd’hui trois milliards de barils, un élément évoqué d’ailleurs par le secrétaire général de l’Opep à l’occasion de l’IEF15. “Les stocks de pétrole sont, a-t-il révélé, très élevés, ce dont la société Shell a parlé (il s’agit du rapport de la société Shell présenté lors du forum). Il y est écrit : ‘Il n’y a plus d’espace pour stocker le pétrole. Tous les stockages sont pleins.’”

Le niveau moyen des réserves a été dépassé d’environ 340 millions de barils au cours des cinq dernières années. Et quand il y a abondance, les prix chutent forcément. Et, cela “n’arrange ni les intérêts des pays producteurs ni ceux des pays consommateurs”, ainsi que l’a expliqué le ministre de l’Énergie. Dans l’absolu, le marché pétrolier réagit à une règle économique basique, celle de l’offre et de la demande. Mais, relève le ministre, dès que l’on se met à le manipuler, l’on se rend compte que l’offre et la demande ne s’y appliquent pas, affirmant que si le marché continuait d’évoluer de manière erratique, il serait difficile de développer des investissements dans le secteur des hydrocarbures. Et ce chiffre avancé par Noureddine Boutarfa : les compagnies pétrolières et gazières ont commencé à couper dans leurs budgets d’investissement (50% de baisse entre 2015 et 2016). Quid de Sonatrach ? Pour le conférencier, il est compliqué, a-t-il dit, dans le contexte actuel de trouver des partenaires avec lesquels l’on peut engager des projets d’investissement dans le secteur des hydrocarbures en Algérie. Que faire, alors ? L’on préfère, a-t-il ajouté, temporiser pour lancer le 5e avis d’appels d’offres qui va mettre en compétition un ensemble de périmètres d’hydrocarbures. Le pays attend ainsi que l’orage passe. Dans l’intervalle, Sonatrach va essayer de nouer des partenariats avec des compagnies qui ont un point de chute en Algérie. Dans quel cadre va-t-elle le faire ? Va-t-elle opter pour le gré à gré ? Noureddine Boutarfa n’en dira pas davantage sur ce sujet. Le ministre s’est, par ailleurs, attardé sur l’importance de l’IEF15, relevant que 52 pays y ont pris part.

M. Boutarfa a aussi souligné la qualité des participants, avançant que 28 ministres étaient présents à cette rencontre. Sauf qu’ils ne sont pas tous restés jusqu’à la fin des travaux, le ministre russe de l’Énergie Alexandre Novak, ayant quitté Alger bien avant la clôture de l’IEF15. Et certains y ont vu une sorte de défection de la part des Russes. Pas tout à fait ! Le ministre de l’Énergie a tenté d’apporter des éclaircissements à ce propos, déclarant que son homologue russe n’a pas assisté à toutes les sessions du forum parce qu’il avait un emploi du temps chargé et qu’il n’était pas prévu qu’il participe à la rencontre du début jusqu’à la fin. Noureddine Boutarfa a, en résumé, souligné que les participants à ce rendez-vous se sont accordés sur l’essentiel : donner de la consistance au dialogue entre pays producteurs et pays consommateurs dans l’objectif de stabiliser un marché international désarticulé, une recommandation soutenue par le secrétaire général de l’IEF, Xiansheng Sun. Celui-ci a, ainsi, relevé la nécessité d’engager un dialogue entre les pays producteurs et consommateurs d’énergie face à un marché en proie à des perturbations. Le moment, a-t-il noté, est venu de rapprocher les points de vue entre producteurs et consommateurs et ce forum est là pour renforcer le dialogue entre les différentes parties. Le ministre émirati de l’Énergie, Suhail al-Mazroui, affirme, lui, soutenir les efforts de l’Algérie visant à garantir “l’équilibre du marché pétrolier”. La réunion de l’IEF, placé sous le thème “La transition énergétique mondiale : un rôle renforcé pour le dialogue énergétique”, s’est déroulée à huis clos avec la tenue de trois sessions portant sur les marchés pétroliers et gaziers, ainsi que les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

Outre les ministres de l’Énergie des pays membres du forum, des responsables, des experts, des compagnies pétrolières et gazières ainsi que des organisations internationales comme l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et le Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG) ont pris part à cette rencontre. L’édition 16 (IEF16) sera organisée en Inde. Celle de 2018 sera coorganisée par la Chine et la Corée du Sud.

Youcef Salami, liberté / cder.dz

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