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«IL FAUT ÉTUDIER SÉRIEUSEMENT LA CANDIDATURE DU MAROC À LA CEDEAO»

«IL FAUT ÉTUDIER SÉRIEUSEMENT LA CANDIDATURE DU MAROC À LA CEDEAO»

En marge du Forum Afrique développement, la BOAD a signé un nouveau partenariat avec Attijariwafa bank (AWB). Son patron, Christian Adovelande, revient sur cet accord et donne son avis sur la candidature du Maroc à la CEDEAO, tout en estimant que ce dossier relève des chefs d’État de l’espace communautaire ouest-africain.

Les Inspirations ÉCO : Quel regard portez-vous sur la candidature du Maroc à la CEDEAO ?
Christian Adovelande : Cette question relève des politiques. Nous, les financiers, on ne se préoccupe pas de cela. Tout ce que je peux dire, c’est que le Maroc est déjà actionnaire de la BOAD, sans être membre de l’Union économique et monétaire ouest-africain (UEMOA). D’autres membres non régionaux sont également actionnaires de notre banque, à l’instar de la France, de la Belgique, de l’Allemagne, de la Chine ou encore de l’Inde. C’est une démarche naturelle. Pour nous, la présence de tous ces acteurs nous permet de bénéficier de leur expertise en matière de financement et de choix de projets dans la zone.

Une zone de libre-échange Maroc-CEDEAO permettra-t-elle de relever le niveau des échanges ?
Comme je l’ai dit, ce sont des questions sensibles qu’il faut approfondir. Il est encore très difficile de se prononcer là-dessus. Par exemple, nous travaillons depuis plusieurs années sur les APE (accords de partenariats économiques) avec l’Union européenne. Et à ce jour, ils n’ont pas encore abouti. Dans le cas du Maroc, je crois malgré tout que l’aventure vaut la peine d’être étudiée sérieusement, et il s’agit de voir quels sont les avantages pour les uns et les autres. À mon avis, c’est cet aspect gagnant-gagnant qui va tout conditionner.

La BOAD vient de signer un nouveau partenariat avec Attijariwafa bank. Quel en est l’intérêt ?

Il s’inscrit dans le cadre d’un accord de coopération que nous avons déjà, et qui fonctionne très bien. Il s’agit à présent de voir ensemble comment nous pouvons le développer, en matière d’instruments de financements du développement. Nous sommes déjà intervenus dans des syndications, dans des cofinancements et dans des structurations de titres pour nos principaux États. Il était donc nécessaire de voir les instruments classiques et additionnels que nous pouvons apporter. Dans ce cadre, nous avons créé BOAD titrisation afin de diversifier davantage nos instruments de financements. Dans la mesure où Attijariwafa bank a une expérience avérée en matière de titrisation aussi bien au Maroc que dans d’autres zones géographiques, nous avons estimé qu’il était nécessaire que l’on puisse unir nos efforts afin de renforcer ce type d’avantages dans notre zone d’intervention, à savoir le marché ouest-africain.

En dehors d’Attijariwafa bank, disposez-vous de partenariats avec les autres banques marocaines ?

Nous disposons en effet de partenariats avec des banques marocaines, à l’instar du groupe Bank of Africa (BOA). Nous avons un accord de coopération. Et avant même la reprise du groupe par BMCE Bank, nous en étions déjà l’un des principaux actionnaires. C’est donc une continuité dans la coopération que nous entretenons avec les établissements financiers marocains.

Quels sont les chantiers que la BOAD mène actuellement dans votre zone d’intervention ?
Nous disposons d’un plan stratégique qui en est à sa deuxième édition quinquennale. Nous intervenons davantage dans tout ce qui concerne la sécurité alimentaire, la résilience agricole, les infrastructures de base à l’instar des transports, des télécoms et de l’énergie. De même, nous intervenons dans l’appui au secteur privé. Notre institution est active dans la prise de participation, de financements, de garantie, et naturellement dans tout ce qui touche à l’adaptation au changement climatique.

Que faites-vous pour le secteur privé de la région ouest-africaine ?

Au profit du secteur privé, BOAD effectue des financements directs, mais elle est aussi très active dans tout ce qui concerne la création de mécanismes qui permettent de les accueillir. C’est dans ce cadre que nous avons été les premiers à créer un fonds d’investissements en Afrique de l’Ouest, à savoir le Fonds Cauris investissements, qui a été créé au milieu des années 1990. Nous avons également été les premiers à créer un Fonds de garantie régionale. Ce sont des instruments qui nous permettent d’accompagner le secteur privé.

Oumar Baldé
leseco.ma

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