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Industrie pétrolière : l’Ouganda se donne les moyens de ses ambitions

Industrie pétrolière : l’Ouganda se donne les moyens de ses ambitions
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Kampala met les bouchées doubles pour concrétiser ses ambitions pétrolières, après avoir annoncé son intention d’investir entre 15 et 20 milliards de dollars dans l’industrie pétrolière.

L’Ouganda semble décidé à faire son entrée dans le club des pays exportateurs de pétrole d’ici 2020. Petroleum Authority of Uganda (PAU), l’Autorité pétrolière ougandaise, vient d’annoncer son intention d’investir entre 15 et 20 milliards de dollars dans l’industrie pétrolière dans les quatre années à venir.

Bientôt membre de l’OPEP ?

Les ambitions de Kampala ont poussé Gabriel Mbaga Obiang Lima, ministre équato-guinéen en charge des hydrocarbures a recommandé, le 4 octobre 2017, aux autorités ougandaises de soumettre leur candidature pour adhérer à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). L’Ouganda table sur des revenus pétroliers estimés à 2,4 milliards de dollars par an, à partir de 2020, grâce à des réserves qui se situent autour de 6,5 milliards de barils, dont 1,5 milliard de barils immédiatement exploitables, selon Kampala.

La zone pétrolière éventuellement exploitable se situe au niveau du Lac Albert où un complexe pétrolier est en construction. Le projet est jugé stratégique par les autorités ougandaises qui ont confié les opérations de forage et d’extraction au trio sino-anglo-français CNOOC, Tullow Oil et Total, alors que le volet raffinage et première transformation a été confié à un consortium comprenant General Electric. A cheval entre l’Ouganda et la Tanzanie, le Lac Albert a poussé ces deux pays d’Afrique de l’Est à développer leur coopération sur la question.

L’axe Kampala-Maputo

Pour l’heure, l’axe Kampala-Maputo a accéléré la cadence, comme en témoigne la rencontre entre les présidents Yoweri Museveni et John Magufuli en vue de la mise en place de l’oléoduc Hoima-Tanga. Le pipeline long de 1 445 km entre l’Ouganda à la côte tanzanienne a coût estimé à 3,55 milliards de dollars et sa construction est chapeautée par le même consortium chargé des opérations de forage au Lac Albert.

Maputo vient par ailleurs de faire officiellement appel à une assistance technique de son voisin ougandais en vue de démarrer les opérations de prospection dans le bassin d’Eyasi Wembere (centre du pays). L’Ouganda devrait également apporter son soutien technique aux opérations de forage dans le Lac du Tanganyika, le pétrole issu de ces deux sites devant transiter par le pipeline en construction. L’entrée en jeu de Kampala au niveau du Tanganyika pourrait mettre à mal l’accord d’exploration pétrolière conclu entre la Tanzanie et la RDC en 2016.

Le FMI craint le scénario de dépendance

Cette offensive ougandaise dans le secteur vise à maximiser les rentrées futures issues de cette industrie. Depuis 2016, la pays multiplie les projets de développement, notamment dans le secteur de l’énergie, avec l’inauguration de la plus grande centrale solaire de la région à Soroti et le lancement de la construction du barrage d’Isimba. Cette dynamique concerne également le transport ferroviaire et routier avec le démarrage de chantiers reliant les différentes régions du pays.

Une feuille de route ambitieuse qui engage la stabilité financière de l’Etat et qui a poussé le FMI à avertir les autorités sur le risque de créer une dépendance aux futurs pétro-shillings et de s’exposer aux mêmes contrecoups subis par le Nigéria depuis 2016. Cet avertissement s’explique également par la dette ougandaise qui frôle les 35% du PIB, alors que l’Etat s’est engagé dans des chantiers nécessitant des enveloppes budgétaires conséquentes.

Amine Ater
la tribune afrique

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