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Interview de M. Esmel Emmanuel Essis : La Côte d’Ivoire avance à grands pas

Interview de M. Esmel Emmanuel Essis : La Côte d’Ivoire avance à grands pas

La Côte d’Ivoire a mené une quarantaine de réformes pour créer un climat des affaires propice à l’investissement. Ces réformes ont permis au pays de gagner 35 places depuis le début du processus, selon les rapports de Doing Business, de 2013 à 2016. Le pays a également figuré pendant deux années successives dans le top 10 des pays réformateurs au monde. Dans cette interview, le DG du Cepici nous parle des actions menées dans le pays et des perspectives ouvertes.

Les Afrique : Depuis sa mise en place, le Cepici a beaucoup facilité les investissements en Côte d’Ivoire. Peut-on avoir une idée de l’évolution dans la création d’entreprises ?

Esmel Emmanuel Essis: La restructuration du Cepici en 2012 par le président de la République, Alassane Ouattara, qui en a fait le Guichet unique de l’investissement en Côte d’Ivoire, a eu d’importants impacts sur l’environnement des affaires dans notre pays. En effet, le fait d’avoir réuni en un seul lieu toutes les administrations intervenant dans les formalités d’entreprises a permis de réduire le coût, les délais et les procédures de création d’entreprises. De 2013 à 2015, nous avons réussi à multiplier le nombre d’entreprises créées au sein de notre Guichet unique par 3,4. Notez que nous créons par ailleurs plus de 40 entreprises en moyenne par jour. Ces résultats témoignent de la volonté du Gouvernement de Côte d’Ivoire à proposer aux investisseurs un environnement des affaires de classe internationale. Ainsi, le gouvernement a réalisé les réformes nécessaires pour faciliter le processus de création d’entreprises et dynamiser cette activité. Au nombre de ces réformes figurent la création du Guichet unique des formalités d’entreprise qui regroupe en un seul lieu tous les acteurs du processus de la création d’entreprises, la réduction à 15 000 f CFA des coûts de création d’entreprise pour les sociétés de types SARL au capital inférieur ou égal à 10 millions de F CFA. Il y a aussi la levée de l’obligation de passage chez le notaire pour la constitution de toute société commerciale autre que la Société anonyme et la Société par action simplifiée et la réduction du délai de création d’entreprise à 24 heures.

La Côte d’Ivoire veut réaliser de grands projets structurants. Quels sont les chantiers que vous pilotez ?

Il est vrai que le Cepici est la plateforme de promotion des investissements en Côte d’Ivoire, mais il ne pilote pas de projets structurants. Nos missions premières consistent à fédérer, coordonner et rationaliser toutes les actions gouvernementales en matière de promotion des investissements privés et le développement du secteur privé. Ainsi, nous délivrons des services spécifiques, tels que la création d’entreprise au sein de notre Guichet unique, l’octroi des avantages du Code des investissements, la réception des demandes de terrains industriels, l’assistance aux investisseurs pour leurs formalités administratives et bien évidemment la mise en relation d’affaires à travers l’organisation de plusieurs activités de promotion de l’investissement (foire, forum, rencontres d’affaires, etc.). Nous sommes par ailleurs en charge de la coordination des réformes de l’environnement des affaires et jouons un rôle de plateforme de concertation et d’échanges entre le secteur privé et l’État de Côte d’Ivoire. Pour en revenir à votre question, bien que nous ne pilotions pas de projets en tant que tels, nous effectuons les mises en relation et le suivi des investisseurs, avec les ministères ou structures techniques en charge des projets structurants.

Y a-t-il des secteurs érigés en priorité par l’État?

L’atteinte de l’émergence se traduit dans le Plan national de développement (PND 2016-2020) par une volonté de transformation structurelle de l’économie à travers l’industrialisation. Au total, c’est 30 000 milliards de f CFA (51 milliards de dollars) d’investissements publics et privés qui seront injectés dans l’économie ivoirienne dans le cadre du PND sur la période 2016-2020. Ainsi, l’industrialisation de l’économie ivoirienne passe par l’agro-industrie dans un premier temps. Les industries ont cependant besoin pour leur développement d’infrastructures (eau, énergie, etc.) de télécommunications (TIC) et d’autres services aux entreprises nécessaires à leur bon fonctionnement. Ces différents secteurs constituent donc les secteurs prioritaires sur lesquels nous allons concentrer nos efforts.

Quelle est la place accordée à la coopération avec les pays du Sud pour la réalisation des grands travaux de l’État ivoirien?

La Côte d’Ivoire a une économie libérale ouverte sur l’extérieur. Nous recherchons des partenaires de tous horizons capables de nous aider sur la voie du développement. La coopération Sud-Sud est un axe très important dans cette dynamique en ce sens qu’elle constitue un excellent moyen de partage d’expérience. Et les investissements des pays du Sud se comportent très bien sur le marché ivoirien. Et à juste titre, il est bon de rappeler qu’en 2015 le Maroc, le Burkina Faso et le Mali figuraient dans la liste des grands pays pourvoyeurs d’investissements directs privés étrangers en Côte d’Ivoire.

Quelles sont les principales mesures incitatives prises par le pays pour attirer les investisseurs étrangers?

L’environnement des affaires de la Côte d’Ivoire a enregistré une embellie au cours des quatre dernières années grâce à la volonté politique et aux multiples initiatives du gouvernement ivoirien en matière de réformes engagées sous l’autorité du Premier ministre et la coordination du Cepici. À ce jour, c’est une quarantaine de réformes qui ont été réalisées. Lesquelles ont permis de gagner 35 places depuis le début du processus des réformes Doing Business (Rapport 2013 – Rapport 2016) et de figurer deux années successivement dans le top 10 des pays réformateurs au monde. Le choix de la Côte d’Ivoire de faire du secteur privé le moteur de sa croissance exige un environnement des affaires attractif, compétitif et de classe internationale. Plusieurs réformes ont été initiées. A titre d’exemple, on pourrait citer les réformes en vue de la facilitation du paiement des impôts à travers le formulaire unique de déclaration et paiement, le renforcement de la protection des actionnaires minoritaires, la création des bureaux d’informations sur le crédit, la création du Tribunal de commerce d’Abidjan, la mise en place des procédures spéciales pour le règlement des petits litiges, la réduction du taux de transfert de propriété de 10 à 4%, etc. Comme vous pouvez les constater, il s’agit d’importantes réformes institutionnelles et structurelles qui ont largement contribué à faire de la Côte d’Ivoire un
pays où l’investissement privé réalisé est sécurisé et rentable.

Propos recueillis par Maimouna DIA
lesafriques.com

Bio-express

Esmel Emmanuel Essis est le directeur général du Centre de promotion des investissements de Côte d’Ivoire (Cepici). Auparavant, il a été directeur associé du cabinet Amsey’s International Consulting et directeur de Coca-Cola pour plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Fort de sa longue expérience de manager, Essis a décidé de retourner en Côte d’Ivoire pour participer à la reconstruction du pays.

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