mardi 01 décembre 2020
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Investissements : Avec une équipe DFC basée en Afrique, Trump appuie sur l’accélérateur

Investissements : Avec une équipe DFC basée en Afrique, Trump appuie sur l’accélérateur
C’est clairement pour l’après-Covid que Washington se positionne. DFC, la banque de développement des Etats-Unis, annonce le déploiement d’ici fin 2020 d’une équipe basée à l’Est, à l’Ouest, au Sud et dans la Corne de l’Afrique. Face aux autres puissances investissant sur le continent, les Américains affichent leur ambition : « être les meilleurs ».

L’Afrique intéresse fortement l’administration Trump, peut-être même encore plus depuis qu’elle a démontré sa résilience face à la pandémie de Covid-19. C’est en tout cas ce qui ressort des derniers développements de la stratégie américaine sur le continent. La Société de financement du développement international des Etats-Unis (US Development Finance Corporation – DFC), a lancé hier, mardi 14 juillet, son programme Africa Investment Advisor qui consiste en l’implantation d’une équipe basée sur le continent et déployée au sein de ses ambassades. Missions : trouver des opportunités d’investissement ; accompagner le travail des ambassades et des missions de l’agence des États-Unis pour le développement international (USAID) ; assurer la veille stratégique sur le terrain pour appuyer les équipes de DFC à Washington.

Virage stratégique

Ex-OPIC pour rappel, DFC a été officialisé le 1er octobre 2019 avec un budget de 60 milliards de dollars. Quelques jours plus tôt, le président Donald Trump -avec « approbation unanime » du Sénat américain- choisissait Adam Boehler (photo) -un homme d’affaires et fonctionnaire américain- pour en être CEO. Alors qu’après l’Afrique du Sud, l’Ethiopie et l’Egypte l’automne dernier, Boehler préparait une vraie tournée africaine cette année, la pandémie de Covid-19 a chamboulé le calendrier de l’agence.

Trump Boehler

En tant que banque de développement, DFC a vocation à investir dans les pays en développement à travers le monde, mais l’Afrique est au cœur de sa mission, sinon en occupe la majeure partie. Et la mise en place sur le terrain de cette équipe dédiée marque un virage stratégique que l’agence prépare depuis quelques mois et qui a commencé avec la nomination en janvier 2020 en tant que directrice régionale Afrique de DFC de Vibhuti Jain, une experte d’origine indienne qui gérait le département des solutions financières du programme Power Africa de l’USAID. Basée à Johannesburg en Afrique du Sud, elle chapeautera la nouvelle équipe de conseillers qui, au nombre de cinq, seront répartis dans les sous-régions du continent et prendront du service d’ici la fin de l’année 2020.

« Le déploiement de conseillers en investissement des DFC en Afrique fait avancer l’une de nos principales priorités : accroître le commerce et les investissements entre les États-Unis et l’Afrique », a déclaré le secrétaire d’État adjoint aux Affaires africaines, Tibor Nagy.

Un décaissement de 345 millions de dollars déjà approuvé pour la santé

Avec des initiatives telles que Connect Africa, 2X Africa et l’Initiative Santé & Prospérité, DFC revendique près de 8 milliards de dollars d’investissements dans plus de 300 projets sur le continent, notamment dans l’inclusion financière, la création des infrastructures essentielles, l’accès à l’énergie, à la technologie et aux soins de santé. A titre d’exemple, l’Afrique australe accapare plus de 1,5 milliard de dollars. En Afrique de l’Est, le Rwanda a déjà absorbé 20 millions de dollars dans six projets en cours, tandis que trois projets de 12 millions de dollars sont en développement au Burundi. En Afrique de l’Ouest, les PME Nigérianes peuvent se financer via une garantie de prêt de 14 millions de dollars fourni via Sterling Bank.

DFC, qui tient à souligner que le déploiement de son équipe Afrique intervient « à un moment où de nombreux investisseurs hésitent sur les marchés émergents », confirme également son focus sur la santé, afin de contribuer au renforcement des systèmes de santé. Dans le cadre de l’Initiative Santé et Prospérité de 5 milliards de dollars dont 2 milliards de fonds propres annoncé en mai dernier, un décaissement de 345 millions de dollars a déjà été approuvé pour l’Afrique, a annoncé hier, mardi, Adam Boehler.

RDV des chefs d’Etats à la Maison Blanche en septembre

Parallèlement à ce nouveau déploiement stratégique, DFC prépare un événement autour de l’investissement prévue à la Maison Blanche en septembre prochain et qui réunira les chefs d’Etats africains.

La guerre économique autour de l’Afrique se poursuit

Une nouvelle fois, les Américains confirment leur ambition de monter en puissance parmi les partenaires commerciaux du continent. Et ce n’est un secret pour personne que cet élan est motivé par leur volonté de contrer les Chinois. Bien que la Pékin garde une longueur d’avance conséquente, la pandémie a considérablement bousculé les chaines d’approvisionnement et de valeurs, créant de potentielles brèches. L’ère post-Covid étant aussi celle des (re)positionnements stratégiques, les puissances mondiales réactivent leurs cartes.

Outre les Etats-Unis et la Chine, l’Union européenne (UE) se veut très présente, notamment pour la relance économique sur le continent. Sa dernière sortie la semaine dernière : 15,5 millions d’euros pour le financement de start-ups et PME au Sahel, en partenariat avec Investisseurs & Partenaires (I&P), fonds d’investissement panafricain basé à Abidjan (Côte d’Ivoire). Pour sa part, la Russie est restée très connectée au continent pendant la crise. Le récent entretien de son ministre des Affaires étrangères Serguei Lavrov avec ses homologues d’Afrique du Sud, d’Egypte et de RDC trace la voie pour d’importants accords, notamment dans le secteur minier. Des déroulements qui n’échappent naturellement pas à Washington, au regard de la veille stratégique calibrée menée par ses équipes. Et d’après DFC, la démarche américaine se voudrait singulière :

« Notre objectif n’est pas d’être les moins chers ou les plus rapides. Nous essayons d’être les meilleurs, de construire des infrastructures de qualité sans influencer indûment un pays ou essayer de prendre le contrôle d’un pays », a déclaré Adam Boehler.

afrique.latribune

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