Accueil / International / Iran : premier couperet sur l’automobile et l’aéronautique

Iran : premier couperet sur l’automobile et l’aéronautique

Iran : premier couperet sur l’automobile et l’aéronautique

Airbus, PSA et Renault devront avoir cessé leur activité en Iran d’ici à lundi soir, sous peine de s’exposer aux foudres américaines.

Les entreprises françaises se sont fait une raison. Après avoir dénoncé le 8 mai dernier l’accord sur le nucléaire iranien , l’administration Trump avait fixé une première échéance au 6 août, date de l’entrée en vigueur des premières sanctions. A compter de lundi soir, les entreprises de certains secteurs, dont l’automobile et l’aéronautique, devront s’être retirées du pays pour se conformer à la législation américaine. Faute de quoi, elles se verront restreindre l’accès au marché américain.

Une deuxième vague de sanctions entrera en vigueur le 4 novembre, concernant cette fois l’énergie ou la finance. Total et Engie, qui ont déjà annoncé qu’elles cesseraient leurs activités au pays des Mollahs, bénéficieront donc de quelques semaines supplémentaires.

Espoirs douchés

Si certaines des entreprises concernées ont pu un temps croire qu’elles pourraient bénéficier d’une exemption, le secrétaire d’Etat Steven Mnuchin a douché leurs (maigres) espoirs. Mi-juillet, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, indiquait avoir reçu la réponse – négative. Seul le constructeur d’avions régionaux à hélice ATR, co-géré parité par Airbus et l’italien Leonardo, a finalement obtenu in extremis l’autorisation de livrer dimanche cinq appareils à Iran Air, correspondant à une commande ancienne.

Mais Airbus a renoncé à ses contrats auprès des compagnies Iran Air et Zagros Airlines, qui portaient sur 106 Airbus, dont à peine trois ont été livrés. De même PSA a annoncé son retrait dès début juin, tandis que le directeur général adjoint de Renault, Thierry Bolloré, a reconnu fin juillet, en présentant les résultats semestriels du groupe, que les opérations dans le pays seraient sans doute gelées. Et ce, même si le PDG Carlos Ghosn avait déclaré mi-juin, à ses actionnaires, que « même si nous devons réduire la voilure très fortement, nous resterons », tout en admettant que le groupe ne pouvait pas se permettre de subir des mesures de rétorsion.

Provision pour dépréciation

Ce retrait coûte cher à PSA : il l’a contraint à passer une provision pour dépréciation de 168 millions d’euros dans ses comptes du premier semestre 2018 . Le constructeur au lion, présent de longue date dans le pays avec ses 206 et ses 405, avait recommencé à investir depuis 2016 pour y produire des Peugeot 2008 et des Citroën C3. Associé pour cela aux groupes locaux Iran Khodro et Saipa, il comptait largement sur la république islamique pour sa croissance à l’international, alors qu’il est encore très dépendant de l’Europe.

Renault affichait, lui aussi, de grandes ambitions en Iran. Il avait annoncé il y a tout juste un an son dispositif industriel pour produire sur place des Renault Symbol (dérivées de la Clio) et des Dacia Duster, avec ses partenaires Idro et Parto Negin Naseh. Mais l’accord n’a pas été finalisé et rien n’a donc encore été déboursé, a rappelé Clotilde Delbos, la directrice financière. Renault n’aura donc pas à passer de provisions, mais il devra lui aussi faire une croix sur ce vaste marché de 80 millions d’habitants.

Anne Feitz
lesechos

Aller en haut