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Japon: Cinq ans de robots au chevet de la centrale nucléaire de Fukushima

Japon: Cinq ans de robots au chevet de la centrale nucléaire de Fukushima

Ils sont de toutes tailles, de toutes formes, portent des noms plus ou moins évocateurs, et c’est en partie sur eux que repose le démantèlement de la centrale nucléaire. Les robots de Fukushima Daiichi, entrés en action dans les semaines qui ont suivi l’accident nucléaire provoqué par le tremblement de terre et le tsunami du 11 mars 2011 au Japon, ont pour mission de pénétrer dans les réacteurs ravagés de la centrale et d’accéder à des zones trop dangereuses pour l’homme pour filmer, percer, aspirer, déblayer, bref, contribuer à la décontamination.

Depuis cinq ans, ce sont plus de trente types de robots qui se sont succédé pour prêter main-forte aux 8.000 travailleurs qui s’escriment sur les lieux de la catastrophe. La coupure totale de l’alimentation électrique des installations et des systèmes de refroidissement en mars 2011 a entraîné la fusion du combustible dans trois des six réacteurs, puis des explosions d’hydrogène ont détruit une partie des bâtiments. La radioactivité est telle dans ces lieux que l’homme ne peut y pénétrer et « les robots sont donc indispensables pour obtenir des données », explique un responsable de Tepco, l’opérateur de la centrale accidentée.

Ménagerie

En attendant que l’Homme puisse s’aventurer dans les bâtiments des réacteurs pour ce chantier parti pour durer quatre décennies, il fait appel à des créatures robotiques sur pattes ou équipées de chenilles, pour pouvoir se mouvoir avec le plus d’aisance possible dans les lieux endommagés.

Avec une préférence pour les robots à forme animale : un scorpion, qui peut se relever grâce à sa queue, un serpent à même de ramper dans les conduits exigus, un chien capable de monter et descendre les escaliers, ou un scarabée, à l’aise pour nager dans les eaux contaminées, ne sont que quelques-unes des créatures de cette curieuse ménagerie.

Seul l’Homme sera capable de nettoyer ce désastre

« Nous ne faisons pas des robots en forme d’animaux exprès », précise un des responsables de l’Institut de recherche international pour le démantèlement nucléaire (Irid). « Mais dans un endroit tel que la centrale nucléaire de Fukushima, dont nous ne savons pas précisément ce qu’il y a à l’intérieur, les formes des animaux de la nature sont les plus logiques. »

Aussi sophistiqués soient-ils, ces robots résistants aux chocs, endurants aux radiations, opérables à distance, et appelés à jouer un rôle croissant dans le démantèlement de cette centrale, ou d’autres dans le futur, ne pourront jamais remplacer l’Homme. Même si de plus en plus, les progrès technologiques « leur permettront de prendre des décisions par eux-mêmes et de réparer des zones endommagées », comme le dit Kiyoshi Oikawa, de l’Irid, dans le Mainichi Shimbun, au final, les scientifiques s’accordent sur un point : seul l’Homme sera capable de nettoyer ce désastre qu’il a causé.

Mathias Cena
20minutes.fr

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