Accueil / Auto & Transports / Jean-Marc Janaillac : « Air France est sorti d’une situation de défiance »

Jean-Marc Janaillac : « Air France est sorti d’une situation de défiance »

Jean-Marc Janaillac : « Air France est sorti d’une situation de défiance »

L’entrée de Delta et China Eastern au capital ouvre un nouveau chapitre de l’histoire d’Air France-KLM. Air France reste pénalisé par les charges françaises, selon le PDG du groupe Jean-Marc Janaillac.

L’AG des actionnaires a validé ce lundi l’entrée de Delta et de China Eastern au capital d’Air France-KLM. Quel est l’enjeu pour le groupe ?

Cette opération découle d’une démarche pragmatique. Nous ­voulons renforcer nos alliances, car elles sont le moyen le plus fort d’accroître notre activité sur le long-courrier. Nous avons une coentreprise sur le marché nord-Atlantique, qui fait 12 milliards de dollars de chiffre d’affaires et qui est l’activité la plus rentable au sein d’Air France-KLM. Mais cette coentreprise arrive à échéance dans deux ans et elle ne donne pas la pleine mesure de son efficacité, parce que Delta a une autre « joint venture » avec Virgin Atlantic, ce qui nous interdit de coordonner l’ensemble de nos vols sur l’Atlantique nord. Cela nous empêche également de proposer des contrats communs avec les entreprises en Grande-Bretagne, comme c’est le cas dans les autres pays. D’où l’idée de bâtir une nouvelle coentreprise unique, pour une durée de quinze ans, qui regroupera l’ensemble des vols au départ de Paris-CDG, Amsterdam et Londres Heathrow vers l’Amérique du Nord, et qui nous placera en position de numéro un ou deux sur trois des quatre principaux aéroports européens.

Comment se répartiront les rôles au sein de cette nouvelle coentreprise transatlantique ?

L’activité de la nouvelle coentreprise sera opérée à 40 % par Air France-KLM, 40 % pour Delta, 20 % pour Virgin et pourra associer des partenaires comme Alitalia et Aeroméxico. Le renforcement de nos alliances s’accompagne également d’une prise de participation de 31 % dans Virgin, ce qui permettra d’avoir la majorité avec Delta (qui en détient déjà 49 %).

Pourquoi avoir annoncé simultanément un accord semblable avec China Eastern ?

Nous avons souhaité que le ren­forcement de notre alliance avec Delta et la prise de participation de 10 % au capital d’Air France-KLM s’accompagnent d’un renforcement équivalent de nos liens avec China Eastern, la compagnie de Shanghai, qui devient notre principal partenaire sur le marché asiatique.

Les prises de participation étaient-elles nécessaires ?

Cette opération est avant tout stratégique : il s’agit de construire une alliance très forte et équilibrée au niveau mondial, avec Delta leader sur les Amériques, Air France-KLM sur l’Europe et l’Afrique et China Eastern sur l’Asie. Mais nous faisons d’une pierre deux coups, en renforçant notre situation financière : avec les 750 millions d’euros apportés par Delta et China Eastern, moins les 250 millions investis dans Virgin, cela nous laisse 500 millions d’euros pour poursuivre notre désendettement.

Que répondez-vous à ceux qui craignent une perte d’indépendance d’Air France-KLM ?

Ces craintes sont totalement injustifiées. La seule menace réelle aurait été l’immobilisme et le refus de nouer des liens capitalistiques et commerciaux dans un secteur très mondialisé et concurrentiel. Delta et China Eastern n’auront chacune que 10 % du capital et un seul siège au conseil d’administration. Même avec le droit de vote double dont elles bénéficieront dans deux ans, chacune n’aura pas plus de 14 % des voix. Elles ne pourront pas agir de concert et elles ne pourront pas, non plus, augmenter leur participation avant cinq ans. Enfin, la réglementation européenne interdit à des non-Européens de contrôler une compagnie aérienne européenne. Il n’y a donc aucune atteinte à l’indépendance d’Air France-KLM.

>>En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/030526755093-jean-marc-janaillac-air-france-est-sorti-dune-situation-de-defiance-2111606.php#0HwfhCSrdcpj9gO0.99

Aller en haut