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La banque d’investissement tire les profits de Wall Street

La banque d’investissement tire les profits de Wall Street

JP Morgan et Citigroup ouvrent la saison des résultats avec des profits en forte hausse.

Hausse des taux d’intérêt, volatilité des marchés, déréglementation du secteur bancaire , baisses d’impôts : les ingrédients semblent réunis pour faire de 2017 une très belle année à Wall Street. Les résultats présentés jeudi matin au titre du premier trimestre donnent déjà le ton : la plus grande banque du pays, JP Morgan, a annoncé des profits en hausse de 17 % par rapport à la même période de l’année précédente, à 6,45 milliards de dollars, soit bien mieux que ce qu’anticipaient les analystes.

La tendance est la même chez Citigroup, qui affiche une hausse de profits de 17 % lui aussi. Son résultat net se monte à un peu plus de 4 milliards de dollars, soit là encore bien plus que ce qu’attendaient les marchés. Signe que l’Europe se porte un peu mieux, Citigroup a fait état d’un doublement de ses profits en zone Europe, Afrique et Moyen-Orient.

Chez JP Morgan comme chez Citigroup, c’est la banque d’investissement qui s’impose comme le grand moteur de croissance : chez Citi, elle a vu ses revenus bondir de 39 % ! Les hausses de taux d’intérêt annoncés par la Fed – l’une en décembre, l’autre en mars – rendent le marché de la dette souveraine particulièrement actif : à titre d’exemple, les obligations ont généré des revenus en hausse de 17 % chez JP Morgan. Les rémunérations consenties aux traders sont au diapason : dans la banque d’investissement de JP Morgan, elles ont augmenté de 8 % sur un an.

La situation pourrait se tendre en cours d’année

La banque de détail a également toutes les raisons de se réjouir : depuis huit ans, la faiblesse des taux d’intérêt limitait les profits qu’elle tirait de ses activités de crédit. Sa marge d’intérêt — c’est-à-dire l’écart qui sépare les prix auxquels elle emprunte de ceux auxquels elle prête — était au plus bas. La hausse des taux amorcée par la Réserve fédérale va changer la donne. A la demande des régulateurs, les banques américaines ont d’ailleurs chiffré les profits qu’elles pouvaient en tirer. JP Morgan calcule qu’une hausse de 1 point augmentera ses profits avant impôts de l’ordre de 2,8 milliards de dollars. Sa marge nette d’intérêt a déjà augmenté de 6 % au premier trimestre, et la direction s’attend à ce qu’elle augmente de 4,5 milliards cette année.

La hausse des taux a aussi ses inconvénients : les emprunteurs, qui doivent payer des taux d’intérêt plus élevés, ont plus de mal à rembourser leur dette. L’effet n’est pas immédiat, estiment les banquiers : la hausse de taux provoque une recrudescence des mauvais payeurs dans un délai de 18 à 24 mois. Les trois banques qui ont annoncé leurs résultats jeudi ne montrent ainsi pas le moindre signe d’inquiétude à ce stade.


Les résultats de Wells Fargo encore épargnés par le scandale des comptes fantômes

Rassurées par la chute des faillites dans le secteur pétrolier, elles se paient même le luxe de réduire leurs réserves pour prêts irrécouvrables, dans une fourchette de 30 à 350 millions de dollars selon les cas. La situation pourrait néanmoins se tendre en cours d’année : JP Morgan anticipe 5 milliards d’impayés sur tout 2017. Les prêts étudiants et les crédits à la consommation (notamment automobiles) constituent les plus grands points d’inquiétude. Les préoccupations sont évidemment tout autres chez Wells Fargo, empêtré dans un scandale à grande échelle pour avoir trompé des clients, en ouvrant des comptes à leur insu notamment.

Le scandale ne se traduit pas encore dans les résultats du groupe, qui restent stables par rapport à l’année précédente, à 5,5 milliards de dollars. Mais certains indicateurs montrent à quel point la confiance avec les Américains est rompue : les ouvertures de compte ont chuté de 43 % entre février 2016 et février 2017. Les dossiers de demande pour des cartes de crédit se sont effondrés, quant à eux, de 55 %. Ces mauvaises nouvelles ont toutes les chances de se répercuter progressivement dans les comptes de l’entreprise.

Lucie Robequain
lesechos

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