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La BCE devrait tenter de gagner du temps faute de visibilité sur le Brexit

La BCE devrait tenter de gagner du temps faute de visibilité sur le Brexit

La Banque centrale européenne (BCE) devrait réaffirmer jeudi sa détermination à agir davantage si nécessaire pour soutenir l’économie de la zone euro, sans aller plus loin faute de visibilité sur les conséquences du Brexit.

La BCE, dont le conseil des gouverneurs est réuni depuis mercredi pour une réunion de politique monétaire de deux jours, “va vouloir convaincre les marchés qu’en cas d’urgence, elle peut encore agir de manière efficace” pour contrer les menaces qui pèsent sur l’économie européenne, estime Franck Dixmier, analyste chez Allianz Global Investors.

Aux risques déjà identifiés de longue date – ralentissement économique des pays émergents, chute des prix du pétrole, tensions géopolitiques – s’ajoute désormais le vote des Britanniques en faveur d’une sortie de l’UE.

Dans la foulée, les marchés financiers s’étaient effondrés pendant deux jours, avant de se reprendre progressivement.

“Les répercutions de cette décision sur la croissance en zone euro ne sont pas encore prévisibles”, ajoute M. Dixmier, ce qui devrait inciter la banque centrale à opter pour le statu quo monétaire ce jeudi.

L’institution de Francfort a déjà multiplié les soutiens à l’économie: taux d’intérêt au plancher, prêts géants pour les banques, rachats massifs de dettes sur les marchés dans le cadre de son programme “QE”.

En juin, elle est passée à la vitesse supérieure en rachetant des dettes d’entreprises, une première dans son histoire. Elle a par exemple acquis via la Banque de France des obligations de grands groupes français, tels qu’EDF, Sanef, Aéroports de Paris ou encore Danone et Renault, selon une liste officielle publiée en début de semaine.

- nouvelle intervention ces prochain mois ? -

Même si beaucoup a déjà été entrepris, “la probabilité que de nouvelles initiatives soient annoncées dans les prochains mois a significativement augmenté”, estime Marco Valli, analyste de UniCredit.

La BCE “va devoir en faire plus très rapidement pour dynamiser” l’économie, renchérit Jennifer McKeown, de Capital Economics.

Les gardiens de l’euro peuvent certes se prévaloir de l’amélioration progressive des conditions et de la demande de crédit en zone euro. La faiblesse des prêts dans la région avait souvent été pointée du doigt par le passé comme un frein à la reprise.

Mais l’inflation – très faible depuis des mois – peine toujours à redémarrer, signe d’une croissance toujours atone. En juin, les prix ont progressé d’un tout petit 0,1% sur un an. La BCE vise, elle, une hausse “proche mais inférieure à 2%”, définition selon elle de la stabilité des prix. Et la perspective du Brexit, source d’incertitudes pour l’économie, pourrait encore ralentir le retour vers la cible.

Certains observateurs mettent par ailleurs en doute sa capacité à mener à bien le “QE” sous sa forme actuelle, qui prévoit le rachat de 80 milliards d’euros de dettes publiques et privées tous les mois. Raison: les paramètres retenus ne permettant pas d’acheter de titres en dessous d’un certain niveau de taux.

Ces difficultés “pourraient être évoquées lors de la réunion de la BCE (aujourd’hui), mais nous n’attendons pas encore d’avancée concrète”, estime Johannes Gareis, de Natixis.

- craintes sur le secteur bancaire -

Selon cet analyste, le président de l’institution Mario Draghi, qui doit s’exprimer en conférence de presse à partir de 12H30 GMT, pourrait toutefois donner des indices sur ses intentions futures.

Tout commentaire concernant l’état de santé des banques européennes sera également scruté à la loupe, alors que la solidité du secteur en Italie inquiète depuis plusieurs mois.

Rome tente de trouver une solution pour aider ses banques sans que son intervention ne soit considérée par Bruxelles comme une aide d’Etat faussant la concurrence et sans que les épargnants, et si possibles les petits actionnaires, ne soient lésés.

Eclaté avec plus de 700 établissements, le système bancaire italien est fragilisé par des problèmes de capitalisation et plie sous le poids de 360 milliards d’euros de créances douteuses. En six mois, l’indice boursier des banques italiennes a cédé 55%.

afp/20minutes.fr

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