Accueil / Bourse / La Bourse chahute les nouvelles stars de la « high tech » mondiale

La Bourse chahute les nouvelles stars de la « high tech » mondiale

La Bourse chahute les nouvelles stars de la « high tech » mondiale

Square et Match contraints de faire profil bas pour entrer à Wall Street.

Ouf… Square et Match ont sauvé la face à Wall Street. La société de paiements mobiles et le propriétaire des sites de rencontres comme Meetic ou Tinder grimpaient jeudi à la mi-séance de respectivement de 42 % et 17 % pour leurs premiers pas en Bourse.

Révision à la baisse du prix

Mais à quel prix ! Pour entrer à Wall Street, les deux sociétés ont dû faire profil bas. Square a fixé son prix d’introduction à 9 dollars, nettement au-dessous de sa fourchette indicative (11-13 dollars), levant donc moins que prévu. Cela valorise l’entreprise autour de 3 milliards de dollars, bien en-deçà des 6 milliards de valorisation obtenus lors de l’entrée au capital d’investisseurs privés l’an dernier. Quant à Match, elle est arrivée sur le marché à 12 dollars par action, en bas de fourchette (12-14 dollars). « Les investisseurs sont devenus beaucoup plus prudents ces derniers mois, demandant des décotes importantes pour leur prise de risque, notamment pour des sociétés non bénéficiaires comme Square », décrypte Arnaud Morvillez, chez SPGP.

En témoignent les nombreuses introductions (IPO) reportées ou annulées dans la technologie (36 dans le monde en 2015 selon Dealogic, contre seulement 25 l’an dernier). En France, deux avaient fait grand bruit (Deezer et Oberthur Technologies), alors même que l’opérateur de marché Euronext espérait qu’elles marqueraient le début d’une Silicon Valley à la française.

Les cours en recul

Depuis quelques temps, le doute s’est immiscé sur nombre de stars de la tech. Des pépites ont vu leur cours s’effondrer, comme Twitter ou GoPro. Et le non coté a aussi souffert. Récemment, de grands fonds (Fidelity et Blackrock) ont ainsi massivement déprécié leurs participations, respectivement dans l’application Snapchat et le spécialiste du stockage de données Dropbox.

On est bien loin des promesses que laissaient espérer, il y a encore quelque mois, les transactions astronomiques sur le marché privé. « Dans les placements privés, les investisseurs ont eu tendance à se précipiter, en se disant « il m’en faut absolument ». Les enchères grimpent d’autant plus vite que ce marché est peu transparent et que le retour à la réalité est ainsi plus long », souligne Thierry Olive, chez BNP Paribas. De fait, les fonds levés sur les marchés privés n’ont jamais été aussi élevés depuis quinze ans. Aux Etats-Unis, ils ont atteint en 2014 un plus haut depuis 2000, à 48,3 milliards de dollars. Cette année, ce record devrait encore être battu.

Airbnb valorisé 25 milliards, Uber 50 milliards

C’est ainsi qu’Airbnb a pu réunir 1,5 milliard de dollars en juin, valorisant le spécialiste de la location entre particuliers 25 milliards de dollars… alors qu’il n’est pas profitable. L’exemple d’Uber est encore plus frappant. Face à la demande des investisseurs privés, la société a procédé à sept augmentations de capital ces douze derniers mois, pour un total de 7 milliards de dollars réunis et une valorisation qui s’est envolée à plus de 50 milliards ! « Les investisseurs de la sphère privée réfléchissent avec un horizon de plus long terme, et peuvent donc prendre des risques plus élevés et payer plus pour certaines sociétés, dit un banquier. D’autant que dans le secteur de la tech, la valorisation est difficile à faire et les perspectives peuvent rapidement changer ». « Le marché des IPO est sans doute précurseur de ce qui pourrait se passer dans le privé, qui va lui aussi connaître un coup de froid dans les valorisations », prédit Thierry Olive.

Marina Alcaraz et Nicolas Rauline
lesechos.fr

Aller en haut