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La Bourse chinoise a perdu plus du quart de sa valeur

La Bourse chinoise a perdu plus du quart de sa valeur

Depuis son pic de janvier, l’indice CSI 300 a chuté de 26 %, malgré l’intervention de Pékin. L’avenir des relations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis sera déterminant.

L’accalmie n’aura pas duré longtemps. La Bourse chinoise a repris le chemin de la baisse, après deux séances de progression (+ 2,99 %), liées à l’intervention de Pékin. L’indice CSI 300 a reperdu 0,56 % mercredi, portant son repli à près de 18 % depuis le début de l’année (il est au plus bas depuis août 2016).

Il avait profité en début de semaine de rumeurs d’intervention de la part de plusieurs fonds étatiques – un ensemble baptisé « national team » – qui aurait racheté des actions afin de stabiliser le marché. Selon la presse chinoise, les principaux assureurs auraient aussi dépensé des milliards de yuans sur le marché action. Par ailleurs, le régulateur aurait rencontré les analystes pour les sonder sur l’état du marché.

La Chine n’a pas été épargnée par la correction des bourses mondiales en début d’année , et elle n’est pas parvenue à redresser la barre. Le CSI 300 perd 24,5 % depuis son pic du 26 janvier, alors que Wall Street est de nouveau au plus haut historique . Car la Chine est au centre du principal sujet de préoccupation des investisseurs depuis juin : le déclenchement d’une guerre commerciale avec les Etats-Unis.

Si le risque sur la croissance mondiale est jugé limité par de nombreux experts, la hausse des tarifs douaniers contre les produits chinois intervient à un moment où l’économie locale montre des signes d’essoufflement , ce qui pèse sur la Bourse. Par ailleurs, ces tensions pénalisent aussi le yuan (- 6,5 % face au dollar depuis le 14 juin), avec le risque de favoriser les sorties de capitaux de Chine.

La technologie en panne

Un autre facteur contribue à la sous-performance des actions chinoises : les valeurs technologiques. Celles-ci avaient fortement influencé la performance des indices en 2017 (+ 21,8 % pour le CSI 300), cette année, elles amplifient la baisse. L’indice CSI Global china Internet perd ainsi 26,21 % depuis le 26 janvier (20,50 % depuis le 14 juin), avec seulement deux valeurs en progression sur les trente que compte l’indice (le site de vidéo en ligne IQIYI et le réseau social mobile Momo Inc). Alibaba perd notamment 13,3 %, Baidu 14,25 %, Tencent 23,7 % et Weibo plus de 42 % ! Le secteur est clairement perçu par les investisseurs comme l’une des principales cibles de la politique commerciale protectionniste américaine, en témoigne les problèmes de l’opérateur mobile ZTE.

Les actions chinoises ont-elles enfin épuisé leur potentiel de baisse ? L’intervention de Pékin pour stabiliser le marché pourrait finir par jouer, même si les investisseurs préfèrent se reporter sur les obligations chinoises pour jouer l’assouplissement de la politique monétaire de la PBOC. Pour JP Morgan AM, il faudrait notamment que « les relations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis se réchauffent », alors que les discussions entre Washington et Pékin doivent reprendre ce mercredi .

Cours attractifs

Certains analystes jugent la sanction disproportionnée, compte tenu de la nette amélioration des résultats des entreprises chinoises. Le ratio de capitalisation des bénéfices du CSI 300 est retombé à son plus bas de 2016, alors que les analystes anticipent une croissance de 20 % des profits cette année.

Interrogé par Bloomberg ; un analyste de Kaiyuan Securities parie sur « une appréciation graduelle sur les marchés, avec des hauts et des bas ». Il juge que « la probabilité d’un déclin plus profond est très basse ». Lisa Shalett chez Morgan Stanley WM se montre aussi rassurante, rappelant que « si la croissance chinoise ralentit, elle ne s’effondre pas. Contrairement à 2015-2016, le marché du crédit est meilleur, la dépendance aux matières premières et à l’industrie est moins forte et les valorisations sont attractives ». Autant de raison selon elle, de ne pas fuir le marché chinois.

lesechos

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