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La Bourse de Londres prête à tout pour coter le géant saoudien Aramco

La Bourse de Londres prête à tout pour coter le géant saoudien Aramco

L’introduction en Bourse d’Aramco fait rêver toute la planète financière. Le London Stock Exchange envisage de modifier ses règles de cotation pour l’emporter sur ses rivaux.

La City semble décidément prête à tout pour accueillir Saudi Aramco pour sa gigantesque introduction en Bourse l’an prochain. Même si l’objectif de valorisation du géant pétrolier saoudien – 2.000 milliards de dollars – est de plus en plus sujet à caution, cette IPO devrait tout de même être la plus importante jamais réalisée dans le monde. Après l’opération séduction de Xavier Rolet, le patron du London Stock Exchange, et de Teresa May à Riyad le mois dernier, Londres serait désormais prête, selon l’agence Reuters, à réduire ses exigences en matière de cotation.

Certes, dans la bataille que se livrent les grandes place financières mondiales, le LSE compte parmi les favoris pour héberger cette opération de tous les records. Mais là ou le bât blesse, c’est que la réglementation britannique n’est pas des plus attrayantes pour Aramco. Le LSE et la FCA, le régulateur de la finance britannique, planchent donc de façon très sérieuse sur la création d’un statut adapté à ce groupe si convoité.

Une réglementation britannique actuellement plus stricte

En cause, une série de contraintes pesant sur les candidats à la cote londonienne, tout du moins pour son segment le plus prestigieux. Celui-ci, baptisé « premium listing », ouvre notamment l’accès au FTSE, l’indice phare de la City. Mais il faut que la société mette en Bourse au moins 25 % de son capital. Or Aramco ne prévoit de céder que 5 % de ses titres. En outre, ce segment est assez exigeant en matière de gouvernance, notamment pour les droits des minoritaires. Or l’Arabie Saoudite n’entend pas partager le pouvoir avec ses coactionnaires. Seule solution pour Aramco, dans l’état actuel du droit : choisir une procédure « standard », aux règles beaucoup plus souples. Mais qui peut être considérée comme une cotation de seconde zone par les investisseurs et donc inadaptée à une entreprise si prestigieuse.

Un statut taillé sur mesure

Le projet en cours d’élaboration à la City serait destiné à de grandes entreprises internationales, avec un fort actionnariat familial ou étatique, et qui pourraient accéder au segment « premium » sans en respecter toutes les règles. Une démarche à contre-courant des efforts de la FCA pour mieux protéger les petits actionnaires après plusieurs scandales ces derniers. « La réglementation britannique était clairement défavorable pour l’attractivité de Londres par rapport à New York ou Singapour, confirme l’associé parisien d’un cabinet d’avocats anglo-saxon. Cette réforme n’est pas totalement surprenante même s’il s’agit d’une initiative hors norme, pour une opération hors norme. » Elle permet à Londres de revenir dans une course encore largement ouverte.

Guillaume Benoit
lesechos

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