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La Bourse de Paris tente de faire venir à elle les startups du high-tech

La Bourse de Paris tente de faire venir à elle les startups du high-tech

Dans le sillage du label Tech 40, EnterNext annonce ce 2 juillet le lancement de TechShare. Il s’agit d’un programme de formation aux marchés financiers destiné à des startups du high-tech potentiellement candidates à une introduction en Bourse.

 

Les startups du secteur “tech” ne viennent pas en assez grand nombre à la Bourse de Paris ? Qu’à cela ne tienne, c’est la Bourse de Paris qui va venir à elles. EnterNext, la filiale d’Euronext dédiée aux PME et aux ETI, annonce ce jeudi 2 juillet le lancement de TechShare, un programme de formation aux marchés financiers destiné à 30 patrons de jeunes pousses non cotées, et opérant dans les sciences de la vie, le numérique et les cleantech.

Les 18 et 19 septembre, le campus de l’Ecole Polytechnique, en région parisienne, accueillera cette promotion d’un genre nouveau. Au programme : des cours de marketing stratégique et de management de l’innovation, entre autres, dispensés par des professeurs de l’X. Ensuite, et durant un an, les 30 élèves-entrepreneurs suivront une série d’ateliers techniques, afin d’apprendre à valoriser leur société, à présenter leur business plan à des investisseurs, ou bien encore à gérer leur patrimoine. Ces ateliers seront conduits par des partenaires d’EnterNext, comme les banques BNP Paribas et Société générale, le cabinet d’avocats Jones Day ou Bpifrance. Des partenaires qui, au passage, ne sont pas rémunérés mais ont au contraire participé au financement du programme TechShare, au côté d’EnterNext.

15 startups sélectionnées en France

A ces ateliers se superposera un coaching individuel des entrepreneurs par des agences de communication financière, des cabinets d’audit et de conseil, sur des thématiques spécifiques à chaque société, comme le passage aux normes comptables IFRS. Sans oublier, au mois de mars, un nouvel enseignement théorique de deux jours, dans les locaux de HEC, cette fois. “Le monde des marchés financiers n’est pas celui de ces jeunes entrepreneurs, aussi brillants soient-ils. Nous voulons donc les aider à mieux comprendre cet univers, à mûrir leur éventuel projet d’une cotation en Bourse”, explique Eric Forest, président d’EnterNext.

D’où viennent-ils, ces brillants jeunes entrepreneurs, candidats potentiels à une introduction en Bourse de leur startup? EnterNext a lancé un appel à candidatures, à l’échelle de ses quatre pays – la France, la Belgique, les Pays-Bas, le Portugal – et a retenu une prétendante sur deux, à l’issue de “pitches” d’une dizaine de minutes, durant lesquels les dirigeants devaient présenter leur stratégie et leurs besoins de financement. Parmi les 15 jeunes pousses sélectionnées en France se trouvent la fintech Leetchi, le fabricant de drones civils Delair-Tech, le spécialiste du voyage en ligne sur mesure Marco Vasco ou encore la société Traxens, qui fait des conteneurs maritimes des objets connectés afin de mieux assurer leur suivi.

La concurrence du Nasdaq en filigrane

Est-ce à dire que toutes sont candidates à une prochaine introduction en Bourse ? Pas forcément. Il n’est d’ailleurs pas question, pour EnterNext, de leur demander – en échange de cette formation gratuite – de signer un engagement de cotation. Et si certaines s’introduisaient en Bourse, à l’issue du programme TechShare, mais ailleurs qu’à Paris ? Par exemple sur le Nasdaq, l’indice américain des valeurs technologiques ? “Ce n’est pas ce que je souhaite”, sourit Eric Forest. Faire en sorte que les pépites européennes du high-tech ne préfèrent pas Wall Street aux places boursières du Vieux Continent, c’est bien, en filigrane, l’un des enjeux de ce programme TechShare.

Dans la même optique, EnterNext avait lancé le label Tech 40, il y a deux mois, et noué un partenariat en début d’année avec Morningstar, afin de renforcer l’analyse financière des quelque 320 valeurs “technos” cotées sur ses quatre marchés européens. Certes, EnterNext a accueilli 18 nouvelles sociétés innovantes depuis le 1er janvier, lesquelles ont levé à cette occasion un total de 600 millions d’euros. Mais “le potentiel est bien supérieur, compte tenu du développement du secteur (technologique) et des besoins de financement importants de ces entreprises”, estime Eric Forest. Reste que, pour nombre d’entre elles, le Nasdaq – avec sa très importante liquidité, ses promesses d’une meilleure valorisation et d’une visibilité autrement plus importante – demeure ” the place to be.”

Christine Lejoux
latribune.fr

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