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La Bourse de Shanghai reprend son souffle

La Bourse de Shanghai reprend son souffle

Après un effondrement de près de 6% mercredi dans un climat de panique générale, la Bourse de Shanghaï a finalement rebondit de 5,76% hier. Les autorités venaient d’annoncer des mesures choc pour enrayer la débâcle.

La Bourse de Shanghai rebondissait jeudi 8 juillet, clôturant en hausse de 5,76% dans des échanges d’une volatilité extrême, après l’annonce de nouvelles mesures drastiques des autorités pour enrayer la longue débâcle des marchés chinois. Peu après la reprise des échanges à mi-séance, l’indice composite shanghaïen gagnait 5,30%, à 3.693,14 points.

Il avait plongé de 3,81% après l’ouverture, puis remonté par à-coups, avec de vives fluctuations. Shanghai avait dévissé de pratiquement 6% mercredi. A la même heure, la Bourse de Shenzhen grimpait de 2,93%, à 1.939,64 points.

“Il y a encore beaucoup d’incertitude, mais c’est bien mieux que les jours précédents”, marqués par un climat de panique générale, commentait Qian Qimin, analyste du courtier Shenyin Wanguo Securities. “Le nombre de firmes chutant de 10%, la limite maximale autorisée (de baisse en un jour), est en train de diminuer, et la situation en termes de liquidités s’améliore”, ajoutait-il à l’AFP.

Les gros actionnaires interdits de vendre

La place shanghaïenne s’est effondrée de 31% depuis le 12 juin –une correction spectaculaire après une envolée euphorique de 150% en un an, dopée à l’endettement et déconnectée de l’économie réelle, et qui s’est finalement essoufflée. Jusqu’à présent, l’arsenal de mesures d’urgence adoptées hâtivement par le gouvernement semblait impuissant à enrayer le plongeon des Bourses.

Les autorités de régulation ont dévoilé mercredi soir une nouvelle mesure choc: les plus gros actionnaires, ceux possédant plus de 5% dans une entreprise cotée, se voient désormais interdits de vendre leur participation sur les six prochains mois.

Mais de l’avis des analystes, cela pourrait s’avérer insuffisant pour rassurer durablement les investisseurs aux abois –en grande majorité des particuliers–, après plus de trois semaines de chute. “Cela suggère un état de désarroi total des autorités”, commentait Mark Mobius, président du fonds Templeton Emerging Markets Group, cité par Bloomberg News. “Cela va en réalité accroître les inquiétudes, parce qu’une telle mesure montre que (les autorités) ont perdu le contrôle de la situation”, avertissait-il.

Effet de contagion

Et ce alors que la déroute des places de Chine continentale fait désormais tâche d’huile : la Bourse de Hong Kong a décroché de presque 6% mercredi, sa pire chute en six ans. Même Wall Street, rattrapé par la débandade chinoise, a fini en forte baisse mercredi, sur fond de craintes d’une déstabilisation de la deuxième économie mondiale.

De fait, l’effet de contagion n’épargnait plus les marchés de matières premières industrielles, dont la Chine est le premier pays consommateur. Le cours au comptant du minerai de fer s’est ainsi effondré de 10% mercredi, au plus bas depuis mai 2009.

Or, de l’avis général, le sursaut de jeudi apparaissait bien fragile, sur des marchés en proie à une forte volatilité. Les titres de quelque 1.400 entreprises cotées sont désormais suspendus pour éviter qu’ils ne tombent encore plus bas, ce qui paralyse presque la moitié de la cote, selon Bloomberg. Un moyen précaire de contenir artificiellement tout nouveau décrochage. De son côté, la banque centrale chinoise (PBOC) a encore une fois assuré jeudi qu’elle fournirait des liquidités abondantes pour stabiliser les Bourses, via le financement des “opérations sur marge” (achats d’actions par endettement).

Manipulation des marchés

Et, alors que des rumeurs sur d’éventuelles “manipulations de marchés” agitent les réseaux sociaux, la CSRC et la police ont ouvert jeudi une enquête conjointe sur “des ventes à découvert malveillantes”, selon la presse d’Etat. Les ventes à découvert, pratique financière courante et autorisée, consistent à vendre à l’avance, à un prix déterminé au préalable, un titre qu’on ne détient pas encore en pariant sur sa baisse.

En outre, une centaine de grands groupes étatiques chinois ne pourront plus vendre les actions de leurs filiales cotées, et les compagnies d’assurances sont invitées à investir en Bourse une proportion accrue de leurs actifs.

“Le gouvernement donne l’impression qu’il est +prêt à faire absolument tout ce qu’il faut+ (…) mais en l’absence d’impact notable, il jettera probablement d’autres ressources dans la bataille”, estimaient les analystes de Société Générale. Pékin apparaît autant désireux de désamorcer le mécontentement populaire que de conserver sa crédibilité, après avoir dévolu aux Bourses un rôle crucial dans son programme de réformes du secteur financier et ses efforts de rééquilibrage économique.

AFP/challenges.fr

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