jeudi 24 janvier 2019

Accueil / Bourse / La Bourse démarre 2019 dans la douleur

La Bourse démarre 2019 dans la douleur

La Bourse démarre 2019 dans la douleur

Les marchés asiatiques enregistrent leur plus mauvais début d’année depuis 2016. La Bourse de Hong Kong a notamment chuté de près de 3 %. La Chine inquiète. Paris perd près de 2 %.

L’année démarre mal sur les marchés européens dans le sillage des places asiatiques. La Bourse de Paris recule de 2 % en fin de matinée et l’indice CAC 40 retombe à 4.638 points. Francfort avait ouvert en baisse de 1,77 % et Londres de 1,27 %. L’onde de choc est venue d’Asie, où l’indice Hang Seng de la Bourse de Hong Kong a perdu 2,88 % pour sa première séance de l’année, sa plus forte baisse depuis octobre et surtout son pire démarrage depuis 2016.

Il y a trois ans, le début d’année était dominé par les inquiétudes sur la croissance chinoise et américaine, les investisseurs redoutant un atterrissage brutal de l’économie asiatique. Des craintes qui ont ressurgi ces derniers mois à la faveur des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis.

Et les premiers chiffres de 2019 ne sont guère de nature à rassurer les investisseurs les plus fébriles. La publication mercredi matin des chiffres sur le secteur manufacturier en Chine en décembre a pesé sur le moral des marchés. L’activité manufacturière chinoise s’est contractée en décembre pour la première fois en 19 mois, montrent les résultats de l’enquête réalisée par Caixin/Markit auprès des directeurs d’achats. Cette enquête souligne les difficultés de la deuxième économie du monde sur fond de conflit commercial entre Pékin et Washington. C’est aussi le signe que les politiques volontaristes mises en place par Pékin tardent à faire de l’effet.

Conséquence, les autres places asiatiques – à l’exception de celle de Tokyo, fermée ce mercredi, voient rouge. L’indice CSI 300, qui regroupe les principales actions cotées à Shanghaï et Shenzhen, recule de 1,37 %. Le Kospi coréen recule de 1,52 % et la Bourse de Taïwan cède 1,8 %.

Impact des gilets jaunes

Les investisseurs attendaient aussi avec une certaine anxiété les résultats des enquêtes d’IHS Markit auprès des directeurs d’achat (PMI) sur l’activité du secteur manufacturier dans les économies de la zone euro au mois de décembre. Comme prévu, la tendance n’est pas très favorable. Le PMI manufacturier est tombé au plus bas depuis février 2016 en décembre à 51,4, au-dessus du seuil de 50 qui marque la frontière entre croissance et contraction. Le chiffre de la France est marqué par l’impact du mouvement des gilets jaunes sur l’activité avant les fêtes de fin d’année. Le PMI s’est établi à 49,7, conformément à la première estimation ‘flash’ publiée mi-décembre. En recul de plus d’un point par rapport à sa valeur de 50,8 en novembre, il touche son plus bas niveau depuis septembre 2016.

« L’année 2019 démarre comme l’année 2018 s’est terminée : pleine d’incertitudes et sans beaucoup de visibilité », constate Aurel BGC dans sa note matinale. « Les indices ne vont pas renouer avec la joie et l’allégresse par la seule grâce du changement d’année ou des tentatives de Donald Trump pour rassurer les marchés ». Les investisseurs resteront toutefois très sensibles aux moindres nouvelles concernant la guerre commerciale sino-américaine.

Dans ce contexte, les investisseurs se tournent vers les actifs refuges et notamment vers les emprunts d’Etat des pays les plus sûrs. Le rendement à 10 ans du bund allemand recule de 7 points de base à 0,164 %. Son niveau le plus bas depuis 20 mois. Cela profite aussi au rendement de l’OAT français qui recule à 0,645 %. Quand le rendement diminue, le prix des obligations augmente mécaniquement.

Pierrick Fay
lesechos.fr

Aller en haut