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La Chine doit être attentive à une Afrique qui n’est pas homogène (INTERVIEW)

La Chine doit être attentive à une Afrique qui n’est pas homogène (INTERVIEW)

SHANGHAI, 21 septembre (Xinhua) — Pradeep Roopun, ministre mauricien de l’Intégration sociale et de l’Autonomisation économique, tient à rappeler aux investisseurs chinois que l’Afrique n’est pas un continent homogène. Dans un entretien exclusif à Xinhua, il estime que les Chinois et les Africains doivent se montrer réceptifs afin de parvenir à une coopération mutuellement bénéfique.

M. Roopun s’est exprimé en marge d’une conférence sur la réduction de la pauvreté et le développement, organisée dans le cadre du Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA), qui s’est ouverte mardi à Shanghai. Son objectif : renforcer la coopération en matière de capacités de production et de réduction de la pauvreté.

Le ministre mauricien a invité à cette occasion les entreprises chinoises souhaitant s’installer en Afrique à être conscientes des avantages et des faiblesses des 54 Etats africains qui sont différents, rappelant que l’Afrique n’est pas un continent homogène.

“Le plus important, c’est qu’il faut pouvoir s’adapter”, a-t-il souligné, “pas seulement au point de vue économique, mais aussi culturel et social, c’est là qu’on peut juger si l’investissement est intégré”.

Quant aux Africains, M. Roopun a jugé qu’il fallait savoir écouter ceux qui viennent de l’étranger et être suffisamment ouvert pour accueillir une autre culture. D’après lui, l’ouverture d’esprit et la volonté de collaborer sont les conditions préalables au bon déroulement de cette coopération sino-africaine.

Selon lui, la croissance économique et le progrès social de l’Ile Maurice est un bon exemple de ce point de vue. Cet archipel de l’océan Indien est le moins frappé par la pauvreté en Afrique, avec moins de 1% de la population vivant sous le seuil de pauvreté. Par ailleurs, le gouvernement mauricien s’engage à faire de l’ancienne Isle de France un pays à revenu élevé et à éradiquer l’extrême pauvreté.

Le ministre a attribué ces résultats exceptionnels au brassage de cultures colorées et au pouvoir d’adaptation des Mauriciens d’origine indienne, créole, européenne et chinoise.

En outre, M. Roopun a également fait part de sa pleine confiance dans le développement de la coopération sino-africaine. Après une trentaine d’années de croissance très rapide, “le moment est venu pour la Chine d’exporter son expertise, sa connaissance, son savoir-faire et sa technologie en Afrique”, a-t-il affirmé, ajoutant qu’une main-d’oeuvre africaine jeune, abondante et bon marché pourrait être l’avenir de l’Afrique et de la Chine.

La réduction de la pauvreté demeure toujours une cause commune pour les Chinois et les Africains. Au cours de cette conférence de trois jours, quelque 150 participants partageront leurs expériences dans le développement industriel et la réduction de la pauvreté, et chercheront des approches plus efficaces pour approfondir les échanges et la coopération sino-africaine en matière de réduction de la pauvreté.

“Cette conférence n’est pas isolée. Elle est dans la continuité” du sommet du FCSA tenu l’an dernier à Johannesburg en Afrique du Sud. Pour M. Roopun, “c’est de bon augure pour le développement de la coopération Afrique-Chine”.

“Je crois que la Chine est tout à fait capable d’avoir un impact positif sur la transformation socio-économique de l’Afrique, vu son approche pragmatique, sa flexibilité à adapter ses politiques et ses technologies de pointe, ses compétences et ses capitaux”, a-t-il conclu.

 

 

 

LIANG Nini et SHANG Xu / xinhuanet.com

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