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La Chine et la Russie dans la ligne de mire de Trump

La Chine et la Russie dans la ligne de mire de Trump

Les principes de la « Stratégie de sécurité nationale » présentés par la Maison-Blanche suggèrent un nouvel ordre mondial.

« America First ». Le slogan de Donald Trump est décliné jusque dans sa stratégie internationale. Les intérêts américains sont en effet largement mis en avant dans le document « Stratégie de sécurité nationale » présenté ce lundi par la Maison Blanche. Ce document donne la direction générale de la politique sécuritaire menée par les Etats-Unis, aussi bien sur le plan économique que militaire.

A titre d’exemple, sous la présidence de Georges W. Bush, y était notamment mentionné en 2002 le principe d’intervention militaire préventive (« pre-emptive military action ») qui a servi de base à l’intervention américaine en Irak en 2003. Sous Barack Obama, le terme a disparu.
Une compétition entre les grandes puissances

Le document explique que le contexte international a évolué et qu’il faut donc adapter les réponses américaines. « Après avoir été bannie en tant que phénomène à la fin du siècle dernier, la compétition entre les grandes puissances est de retour », est-il indiqué. Une compétition à la fois économique, politique et diplomatique, et qui place surtout deux puissances sur le chemin américain : la Chine et la Russie.

« Partenaires » auparavant, les deux pays sont désormais perçus comme des puissances des « puissances révisionnistes » qui « sont déterminées à rendre les économies moins libres et moins justes, à développer leur puissance militaire et à contrôler l’information et les données afin de réprimer leur société et étendre leur influence ». Une condamnation ferme qui tranche avec les positions du président américain pendant sa campagne, lorsqu’il refusait par exemple de condamner l’annexion de la Crimée par Moscou.

Dans son discours servant de présentation au document, Donald Trump s’est toutefois efforcé d’adopter un ton moins belliqueux. « Nous allons essayer de nouer des partenariats avec ces grandes puissances, mais des partenariats qui protègent nos intérêts. » Et de citer, en guise de bonne volonté, la coopération entre la CIA et la Russie, qui a permis d’éviter un attentat à Saint-Petersburg, « qui aurait pu faire des milliers de victimes. » « C’est ainsi que notre relation devrait fonctionner », a souligné Donald Trump, ajoutant que Vladimir Poutine l’avait appelé pour le remercier.

L’arme nucléaire, coeur de la stratégie

La vision de Donald Trump est celle d’une Amérique forte, qui doit d’abord se renforcer sur le plan intérieur. C’est ainsi qu’il justifie l’augmentation du budget de la Défense, le plan pour renforcer les infrastructures américaines , le durcissement des frontières, avec un nouvel appel à construire un mur à la frontière avec le Mexique, et la fin d’un certain nombre de programmes de visas. « Nous devons garder les terroristes hors des Etats-Unis » a-t-il rappelé.

Si le président américain ne veut « imposer sa vision à personne », il dit incarner des « valeurs pour lesquelles l’Amérique ne doit plus s’excuser. » Quitte à faire sauter des tabous, comme le recours à l’arme nucléaire. Celle-ci doit être remise au coeurde la stratégie de défense. C’est le « fondement d’une politique garante de la paix et de la stabilité en dissuadant toute agression contre les Etats-Unis, nos alliés et nos partenaires », explique le document publié par la Maison Blanche.

Gabriel Nedelec et Nicolas Rauline à New York
lesechos

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