mercredi 20 novembre 2019
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La Chine lève son embargo sur la volaille américaine

La Chine lève son embargo sur la volaille américaine

La décision de Pékin a donné un ton plus conciliant aux négociations sino-américaines : la Chine a accepté de rouvrir son marché à la volaille américaine, après cinq ans d’embargo.

Pékin et Washington cessent de se voler dans les plumes, et cela fait les affaires des grands volaillers industriels américains, Sanderson, Pilgrim’s Pride ou Tyson, dont le cours en bourse s’envole.

Pékin a fait une concession en fin de semaine dernière, qui a dû faciliter l’avancée de la phase 1 des négociations bilatérales : la Chine lève son embargo sur le poulet américain. Il avait été imposé en 2015 par les autorités chinoises en raison d’une épidémie de grippe aviaire aux États-Unis. En échange, Washington accepte d’importer du poulet cuit chinois et des fruits de mer.

Déficit de protéines en Chine

La réouverture de la Chine à la volaille américaine intervient dans un contexte particulier : l’hécatombe dans les élevages porcins chinois. La fièvre porcine africaine a décimé 40% des porcs chinois, cela représenterait 20 millions de tonnes de viande, 6% de l’offre mondiale. Même si le poulet ne peut pas remplacer le porc dans l’échelle des préférences culinaires chinoises, le pays va manquer de protéines ou alors elle sera très chère.

La volaille est un bon compromis. On le voit déjà, les importations chinoises de poulets reproducteurs augmentent, mais aussi les importations de viande de volaille : elles pourraient doubler en deux ans pour atteindre près de 700 000 tonnes en 2020. Le Brésil est le fournisseur qui profite le plus du déficit de viande en Chine, avec des exportations de volaille vers ce pays qui ont progressé de 9% en valeur cette année.

Vers une hausse des prix très attendue aux États-Unis

Les États-Unis vont en profiter à leur tour. Jusqu’en 2014, ils étaient un fournisseur très important de la Chine, en particulier de viande brune, pattes, cuisses et ailes de poulet. Les exportations américaines vont se dérouter des petits marchés vers la Chine. Le volume total des exportations américaines pourrait ne pas trop changer, mais la décision de Pékin va assurément doper les prix de la volaille aux Etats-Unis (l’équivalent d’1,55 euro le kilo en novembre). Ils avaient perdu 9% en un an, sous le poids des excédents.

Claire Fages
rfi

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