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La Chine pourrait importer de plus en plus de maïs

La Chine pourrait importer de plus en plus de maïs

Tout le pays doit passer à l’éthanol d’ici à 2020.
Ses gigantesques stocks de maïs pourraient fondre rapidement.

Les grandes ambitions de la Chine dans la lutte contre la pollution pourraient bousculer le marché mondial du maïs. Le gouvernement a en effet décidé de mettre d’ici à 2020 tout le pays à l’éthanol, un carburant qui est fabriqué notamment à partir de la céréale.

Outre leur volonté de baisser les émissions de gaz à effet de serre pour rendre l’atmosphère des grandes villes plus respirable, l’idée des autorités chinoises est aussi de réduire les gigantesques réserves de maïs que le pays a amassées au cours de la dernière décennie dans le cadre d’une politique de stockage. Les chiffres exacts restent inconnus, mais les observateurs estiment que ces réserves de maïs représentaient en 2016 plus de la moitié des stocks mondiaux.

Des besoins de 49,2 millions de tonnes par an

Avec la nouvelle politique d’éthanol de la Chine, ces stocks pourraient fondre à vue d’oeil. Car le pays aura besoin de près 49,2 millions de tonnes de maïs chaque année, a calculé Bloomberg, qui projette ainsi qu’en moins de cinq ans, les réserves de maïs du pays se seront évanouies.

Jusqu’en 2009, la Chine, qui a oeuvré pour rester autosuffisante, était exportatrice nette de maïs. Mais, ces dernières années, elle a importé entre 2 et 5 millions de tonnes. En dopant sa production d’éthanol, Pékin pourrait devoir importer jusqu’à 20 millions de tonnes de maïs par an, avance un analyste spécialiste du secteur de Shanghai JC Intelligence cité par Reuters.

Cette estimation est bien supérieure à celle du ministère américain de l’Agriculture (USDA), qui anticipe des importations de 3,8 millions de tonnes pour 2019-2020. Outre-Atlantique, les professionnels agricoles s’interrogent, donc. « Et si les marchés ne prenaient pas la mesure des besoins futurs de la Chine en maïs ? » avise un broker américain. Il rappelle que la concurrence, notamment d’Amérique du Sud, est forte. Pour lui, les Etats-Unis doivent se préparer s’ils veulent conserver leur place de premier fournisseur de céréales de la Chine.

Muryel Jacque, Les Echos

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