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La concurrence assouplit les contraintes sur Canal+

La concurrence assouplit les contraintes sur Canal+

L’Autorité de la concurrence a annoncé jeudi un assouplissement partiel des contraintes imposées au groupe de télévision Canal+ confronté à une concurrence grandissante des plateformes américaines et du géant des télécoms Altice.
Le gendarme de la Concurrence, qui devait réexaminer les obligations fixées à la filiale de Vivendi en 2012 et 2014, a fixé une nouveau cadre qui s’imposera au numéro un de la télévision payante en France jusqu’au 31 décembre 2019, avant de disparaître.

“Il y a des contraintes qui sont desserrées, d’autres qui sont maintenues. On a fait quelque chose d’assez chirurgical”, a expliqué la présidente de l’Autorité Isabelle de Silva devant les journalistes.

L’Autorité a pris acte de la montée en puissance d’Altice, propriétaire de SFR en France, qui a bouleversé la donne en investissant massivement dans les contenus, dont les droits sportifs avec la Premier League et la Ligue des Champions.

Dans la distribution de chaînes payantes, la part de marché de Canal+ a reculé pour se situer aujourd’hui entre 70 et 80% contre entre 80 à 90% en 2012, a constaté l’institution.

Parmi les principaux assouplissements, Canal+ n’aura désormais plus de contraintes pour acquérir des droits sur des films auprès des grands studios américains.

Il pourra également distribuer une chaîne en exclusivité mais de façon encadrée puisqu’il aura l’obligation de proposer cette chaîne à d’autres acteurs du marché sous la forme d’offre indépendante, non incluse dans leurs bouquets. Canal+ gardera toutefois la main sur sa commercialisation.

“Cette décision (…) témoigne d’une prise en compte partielle par l’Autorité de la concurrence des bouleversements passés et à venir dans les marchés de la télévision payante et gratuite, marqués par l’émergence rapide de concurrents puissants particulièrement actifs dans l’acquisition de contenus audiovisuels”, a réagi dans un communiqué Canal+.

UN NOUVEAU CADRE POUR 30 MOIS

Cette mesure pourrait raviver les spéculations sur une alliance renforcée entre Canal+ et les chaînes qataries beIN Sports qui avaient négocié un accord de distribution exclusive l’an dernier, retoqué in fine par l’Autorité de la concurrence.

L’institution a en revanche estimé que Canal+ continuait de jouer un rôle de premier plan pour le cinéma français et a maintenu en grande partie ses obligations en la matière.

Cet assouplissement est bienvenu pour Canal+ qui a été contraint de revoir en profondeur ses offres commerciales et de réduire ses coûts face aux départs massifs de ses abonnés en France.

Le groupe s’était vu imposer une série de 33 injonctions en 2012 en raison du non-respect des contraintes qui lui avaient été imposées lors du rachat de TPS en 2006.

Ces injonctions, qui devaient faire l’objet d’un réexamen au bout de 5 ans, pouvaient être levées, modifiées ou maintenues pour au maximum 5 années supplémentaires.

Face à l’évolution rapide du secteur, l’Autorité a préféré limiter à 30 mois son nouveau cadre, un horizon qui vaut également pour la révision de ses engagements dans le domaine de la télévision gratuite après le rachat de Direct8 et Direct Star.

Gwénaëlle Barzic
reuters

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