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La Côte d’Ivoire lance un label pour son cacao

La Côte d’Ivoire lance un label pour son cacao

Le premier producteur mondial cherche à mieux valoriser cette filière, vitale pour l’économie du pays et pour l’emploi.

 

Valoriser le premier cacao du monde. La Côte d’Ivoire, premier producteur de la délicieuse graine, a lancé samedi 1er octobre un label « origine Côte d’Ivoire ». L’objectif est « d’informer le consommateur que nous ne sommes pas seulement le premier producteur mondial mais que notre cacao est le meilleur », a affirmé le ministre de l’Agriculture, Mamadou Sangafowa Coulibaly, à l’ouverture des Journées nationales du cacao et du chocolat à Abidjan.

« Ce qui pousse ici, pousse ailleurs, mais ce qui pousse ici a meilleur goût », a-t-il résumé, espérant que le label du cacao ivoirien aura le même succès que le label « café de Colombie ». Les consommateurs connaissent « d’autres origines dont les goûts sont en dessous du nôtre (…) Il était temps de remettre les choses à leur place. Cette valeur n’a jamais été captée par le producteur ivoirien », a souligné le ministre.

Deux tiers des emplois dépendent du cacao

Ce label a probablement aussi pour objectif de soutenir ce secteur vital pour l’économie ivoirienne. Il pèse 15 % du PIB, plus de 50 % des recettes d’exportation et surtout, les deux tiers des emplois et des revenus de la population, selon la Banque mondiale.

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La production et les exportations ont baissé lors de la campagne 2015-2016 par rapport à la campagne précédente, en raison des perturbations climatiques, notamment la sécheresse, dans le pays cette année. La production est passée de 1,791 million de tonnes lors de la campagne 2014-2015, à 1,565 million de tonnes pour la campagne 2015-2016 (– 12,6 %), d’après le gouvernement. Et les exportations sont passées de 1,622 million de tonnes à 1,548 million de tonnes.

Hausse du prix garanti

Signe de l’attention des pouvoirs publics, Abidjan a décidé que le prix garanti assuré aux paysans pour la prochaine campagne, à partir du 1er octobre, serait de 1 100 francs CFA (1,7 euro), soit une hausse de 10 % par rapport à la dernière campagne, qui était déjà un record.

Le cacao ivoirien doit affronter une autre difficulté : les fraudes transfrontalières. « Elles ont repris de plus belle », a déclaré Lambert Kouassi Konan, président du Conseil café-cacao, qui gère la filière, lors d’une conférence de presse jeudi 29 septembre. « Des pays non producteurs sont devenus exportateurs de cacao », a-t-il poursuivi, estimant à « 40 000 tonnes la fuite de la production ». En exportant illégalement le cacao, certains marchands échappent au système fiscal ivoirien.

Une filière durable pour la Côte d’Ivoire

Les premiers logos du label ivoirien devraient apparaître sur des chocolats en 2017, a confié Patrick Poirier, président du Syndicat du chocolat français, qui participera à l’élaboration du cahier des charges avec le Conseil du Café-Cacao ivoirien et des artisans chocolatiers confiseurs français.

Le responsable a souligné que seront mis en valeur le goût mais aussi les notions de développement durable, de protection de l’environnement, de justice sociale et de transparence de la filière.

De la quantité à la qualité

Plus de 70 % de chocolat consommé en France comporte un peu de cacao ivoirien, a-t-il précisé estimant qu’il fallait « sortir de la quantité pour aller vers la qualité ». « Il faut permettre au chocolatier européen d’être fier » de vendre du chocolat ivoirien, a conclu Patrick Poirier.

Le président ivoirien Alassane Ouattara a fixé comme objectif de passer d’un taux de 33 % de transformation des fèves en Côte d’Ivoire à un taux de 50 % en 2020 pour « avoir plus de valeur ajoutée ».

la-croix.com

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