jeudi 26 novembre 2020
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La Côte d’Ivoire, leader mondial de production d’anacarde, se lance dans la transformation

La Côte d’Ivoire, leader mondial de production d’anacarde, se lance dans la transformation

À moins de 15 jours avant le premier tour de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, RFI vous propose cette semaine une série de cinq reportages d’Afrique économie.Premier volet ce lundi : Comment rendre le cajou ivoirien plus compétitif et conquérir notamment les marchés britannique et européen ? C’était le thème d’un débat qui s’est déroulé vendredi 16 octobre à Abidjan. La Côte d’Ivoire vient de se doter d’une nouvelle usine de transformation de noix de cajou, le CITA. Le Centre d’innovation et de technologies de l’anacarde est aussi un centre de formation pour la main d’œuvre, mais également un centre de conseil et d’expertise. Une sorte d’incubateur d’entrepreneurs de la filière.

Il y a encore une vingtaine d’années, la Côte d’Ivoire comptait peu dans la filière anacarde, c’est aujourd’hui le premier producteur mondial de noix de cajou. Le pays s’est maintenant lancé dans la transformation. L’idée étant que l’anacarde ne subisse pas la même évolution que le cacao, dont le pays est également le premier producteur mondial depuis des années, selon Soumahoro Bangali, Directeur du CITA, le Centre d’innovation et de technologies de l’anacarde. « Exactement, nous ne voulons plus rester cantonnés dans la production et limités à la petite section de la valeur ajoutée. C’est pour ça qu’en ce qui concerne l’anacarde, nous sommes allés vite et nous voulons mettre les outils qu’il faut, pour très vite monter dans la chaîne de valeurs. »

La Côte d’Ivoire assure aujourd’hui au moins une première transformation de 100 000 tonnes de noix de cajou, soit 13% de sa production annuelle, qui est de 750 000 tonnes. Le CITA n’est pas qu’une usine de transformation, c’est aussi un centre de formation pour tous ceux qui veulent investir dans la filière.

Adama Coulibaly, Directeur général du Conseil du Coton et de l’Anacarde. « Il a été financé par le Conseil du coton et de l’anacarde sur 2 guichets. Avec 90% du financement qui ont été mobilisés sur notre guichet propre et 10% que nous avons mobilisés sur le guichet d’un projet financé par la Banque Mondiale, dans le cadre de la promotion de la chaîne des valeurs dans la noix de cajou. »

Avec un financement global de 3 milliards 900 millions de francs CFA, soit près de 6 millions d’euros. Une ambition de la transformation qui sera bénéfique aux producteurs sur un aspect. « Concernant la noix de cajou, sur la chaîne des valeurs, elles se répartissent de la façon suivante : au niveau de la production, c’est 20% de la valeur, au niveau de la transformation c’est 40% et au niveau de la distribution 40%. Si performez seulement dans la production dans une filière, vous avez 20% de la valeur et vous n’avez aucune maîtrise sur les autres chaînes des valeurs. Si vous êtes tout le temps dans la production et que vous surproduisez, le prix tombe sur le marché international, quand vous êtes en train juste de vendre la matière première. Si vous arrivez à transformer, le produit transformé est plus facile à conserver et à stocker que les noix brutes, qui sont très vite périssables. »

Installée à Yamoussoukro, à 235 km au nord d’Abidjan, le CITA emploie aujourd’hui 150 personnes, dont une majorité de femmes.

rfi

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