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La course au camion autonome s’accélère avec Tesla

La course au camion autonome s’accélère avec Tesla

Après Daimler, Volvo Uber et Google, Tesla s’est lancé dans la course au camion autonome, dont les perspectives économiques, ont de quoi faire saliver les futurs acheteurs.

Si la voiture sans volant fait rêver, son équivalent poids-lourd, le camion autonome, a de bonnes chances d’arriver bien avant sur les routes, à en juger par l’intérêt qu’il suscite aussi bien chez les constructeurs et leurs challengers de la Silicon Valley, que chez les transporteurs. Après Daimler, Volvo, Uber et Google, la firme Tesla d’Elon Musk devrait ainsi dévoiler courant septembre, le premier prototype de son futur camion semi-autonome et électrique, dont les essais devraient démarrer dans la foulée aux Etats-Unis.

Un premier modèle semi-autonome

Annoncé en avril dernier par Elon Musk, le Tesla-Semi utilisera les technologies déjà développées par les voitures Model X et S, permettant au conducteur de lâcher le volant et les pédales sur autoroute (tout en restant attentif), en attendant de pouvoir les supprimer. Ce camion semi-autonome pourra notamment circuler en convoi de véhicules interconnectés et guidés par le camion de tête. Une technique déjà testée avec succès aux Etats-Unis et en Europe, avec une première expérimentation réussie l’an dernier aux Pays-Bas , et qui permettrait déjà de substantielles économies.

Daimler avait ouvert la voie

Dès 2014, Daimler avait ouvert la voie, en testant avec succès sur un autoroute allemande un prototype de camion semi-autonome, piloté par ordinateur et bardé de caméra, de radar et de de détecteurs d’obstacle. Avec l’ambition affichée par le patron de la branche poids-lourds de l’époque, Wolfgang Bernhard, de devenir « le numéro un mondial de ce marché du futur ». En avril 2016, Daimler et cinq autres constructeurs européens (DAF, Man, Iveco, Scania et Volvo) avaient même organisé le premier convoi de camions semi-autonomes entre l’Allemagne, la Suède et les Pays-Bas.

Première livraison en camion autonome

Fin 2016, Uber avait franchi une nouvelle étape, avec la première livraison en camion autonome de 51.000 canettes de bières dans le Nevada. Une première réalisée grâce au rachat de la start-up Otto, fondée par des anciens de Google , qui avait d’ailleurs mal réagi en portant plainte contre ses anciens employés, accusés de lui avoir dérobé des secrets technologiques. Quelques mois auparavant, sa filiale Waymo, dédiée aux véhicules autonomes, avait en effet débuté les essais de son propre camion autonome.

30% d’économies

La concurrence s’annonce donc rude sur ce marché du camion autonome. C’est que contrairement aux voitures, le camion autonome ne s’appuie pas sur du rêve, mais sur la promesse d’économies substantielles pour les futurs acheteurs. Selon la dernière étude du cabinet PwC réalisée en 2016, la première génération de camions semi-autonomes circulant en convoi devrait déjà permettre de réduire les coûts du transport de 5% d’ici 2020, grâce notamment à une réduction d’environ 11% de la consommation de carburant. Mais avec l’arrivée du camion 100% autonome, attendue vers 2030, la baisse des coûts atteindrait 30%, estime PwC, « soit une économie annuelle de plus de 30.000 euros par poids-lourd ». Et ce, grâce principalement à la réduction des emplois de chauffeurs, qui représentent près de 40% des coûts.

2 à 4 millions d’emplois menacés

Un rapport publié en juin dernier par le Forum international des transports, qui réunit différentes organisations professionnelles du secteur, chiffre même entre 2 et 4,4 millions, le nombre d’emplois de chauffeurs-routiers susceptibles de disparaître entre 2020 et 2030, aux Etats-Unis et en Europe. Soit 50% à 70% des effectifs de la profession. A condition toutefois que les Etats concernés lèvent les obstacles juridiques. Car pour l’heure, lâcher le volant reste strictement interdit partout, sauf à titre expérimental. Et si les autorités américaines et européennes ont ouvert le chantier du futur permis de conduire sans volant, la route à parcourir s’annonce longue et parsemée d’embûches.

BRUNO TREVIDIC
lesechos

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