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La crise en Grèce requiert une nouvelle aide européenne massive, selon le FMI

La crise en Grèce requiert une nouvelle aide européenne massive, selon le FMI

L’aggravation de la crise en Grèce va obliger les Européens à débourser 36 milliards d’euros supplémentaires d’aide et à alléger la dette du pays même en cas de victoire du oui au référendum, estime jeudi le FMI.

A quelques jours d’un scrutin crucial dimanche à Athènes, le Fonds monétaire international chiffre au total à 50 milliards d’euros les besoins de financement du pays entre octobre 2015 à octobre 2018, sur fond de prévision de croissance drastiquement abaissée cette année (de 2,5% à 0%), selon un rapport dont la publication a été exceptionnellement avancée.

Le Fonds devait a priori fournir les prêts nécessaires pour couvrir ces 50 milliards. Mais la situation a radicalement changé depuis la rédaction du rapport il y a une semaine: la Grèce a fait défaut mardi sur sa dette vis-à-vis de l’institution et n’a plus accès à ces ressources tant qu’elle n’aura pas soldé ses arriérés de paiement de 1,5 milliard d’euros.

Ce rapport ne prend également pas en compte «l’impact négatif» de la fermeture des banques et surtout de l’expiration du précédent plan d’aide européen, qui a privé la Grèce de 16 milliards d’euros de prêts.

En conséquence, un responsable du FMI a reconnu que les besoins de financement du pays étaient aujourd’hui proches de «plus de 60 milliards d’euros».

En plein bras de fer, entre Athènes et ses créanciers, l’institution de Washington d’ailleurs l’aggravation des problèmes budgétaires du pays sur le compte d’«importants changements politiques» au début de l’année, dans une allusion transparente à l’arrivée au pouvoir à Athènes du parti anti-austérité Syriza.

«Comparé à il y a un an (…), il y a eu un important nombre d’insuffisances dans un certain nombre de domaines», a commenté un haut responsable du Fonds sous couvert d’anonymat, tout en réfutant toute volonté d’influer sur le vote de dimanche.

Selon l’institution, un trou de 13 milliards d’euros va être creusé par l’abaissement des objectifs d’excédent primaire (hors charge de la dette) qu’Athènes a obtenu de ses créanciers.

«Si le paquet de réformes actuellement à l’étude est davantage affaibli, un +haircut+ (perte sèche, ndlr) sur la dette deviendra nécessaire», prévient par ailleurs le FMI, chiffrant les possibles pertes pour les pays européens à plus de 53 milliards d’euros.

Selon le FMI, le marasme grec tient également aux «engagements vagues» des autorités à Athènes sur les privatisations réclamées par les créanciers, occasionnant 9 milliards d’euros de manque à gagner.

- «Comment être plus ferme ?» -

Pour combler ce fossé budgétaire, le Fonds en appelle de nouveau aux Européens, qui auront fort à faire pour convaincre leurs Parlements et leurs opinions publiques.

Outre les 36 milliards d’argent frais, les Européens sont ainsi sommés de considérablement alléger le fardeau de la dette grecque. Ils devraient ainsi repousser les échéances de remboursement des créances en «doublant» la durée de vie de leurs obligations existantes et futures et la période de grâce sur les intérêts, exhorte le FMI.

Cela fait plusieurs semaines que le Fonds tente sans succès d’obtenir un engagement formel des Européens sur le sujet de la dette.

Samedi dernier, lors d’une réunion de l’Eurogroupe, la directrice générale du FMI Christine Lagarde avait ainsi appelé l’UE «à prendre du recul» et à aborder le problème de la dette grecque mais elle s’était heurtée à une opposition frontale, a confié à l’AFP une source proche des négociations.

La question n’est pas entièrement théorique. Pour pouvoir continuer à prêter à un pays, le FMI doit avoir l’assurance que sa dette est soutenable.

Et dans le cas de la Grèce, seuls les Européens peuvent, selon l’institution, rétablir un semblant d’équilibre: ils détiennent 211 milliards d’euros de dette grecque sur un total de quelque 280 milliards, soit près de 180% du produit intérieur brut.

«Nous avons été aussi fermes que possible», a déclaré le haut responsable du FMI, assurant avoir clairement indiqué aux Européens que le Fonds ne donnerait pas un centime supplémentaire aux Grecs s’il n’y a pas de «solution à ce problème». «Comment peut-on être plus fermes?», s’est-il interrogé.

20minutes.fr

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