dimanche 20 septembre 2020
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La crise pétrolière vue du Canada

La crise pétrolière vue du Canada

Quatrième producteur mondial de pétrole, le Canada fait les frais de la baisse du prix de l’énergie. D’autant plus que le coût lié à la production d’hydrocarbures y est beaucoup plus élevé qu’ailleurs, car l’extraction des sables bitumineux nécessite beaucoup d’opérations techniques. La chute drastique des revenus va donc avoir un effet important sur l’économie canadienne, mais surtout sur les finances de l’Alberta où se concentre 80% de la production.

Le ralentissement de la demande et la guerre des prix entre l’Arabie saoudite et la Russie ne pouvait pas plus mal tomber pour l’Alberta. Pourtant, cette province canadienne a longtemps incarné un modèle de réussite dans les belles années pétrolières. Les citoyens de tout le pays affluaient vers ce nouveau Klondike. Nageant en plein surplus budgétaires, et le gouvernement local envoyait même un chèque de 350 euros à chaque habitant en janvier 2006.

Si au fil des ans, la fourmi norvégienne s’est dotée d’un fonds 1 000 milliards d’euros tiré des revenus du pétrole, la cigale albertaine, elle, n’a accumulé qu’une douzaine de milliards. Encore moins que dans l’état très capitaliste de l’Alaska. Contrairement au Texas, qui a misé sur d’autres secteurs que le pétrole ces dernières années, la province de l’Ouest canadien persiste dans son choix des énergies fossiles. Au point que son Premier ministre s’est fâché récemment contre un journaliste qui a osé l’interroger sur les projets de reconversion de l’Alberta.

Confronté à la baisse des finances de l’ancien bon élève albertain, le gouvernement central hésite à voler à son secours. Déjà le Premier ministre canadien a promis de lui verser un peu moins d’un milliard d’Euros pour restaurer certains anciens puits de pétrole. Mais Justin Trudeau sait pertinemment que cela va prendre une très longue période avant que l’argent ne coule à nouveau à flots dans ce secteur, si jamais la croissance reprend.

Confronté à la baisse de ses finances publiques en pleine pandémie, le gouvernement canadien n’a peut-être plus de fonds suffisants pour subventionner son ancienne poule aux œufs d’or.

rfi

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