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La croissance allemande déçoit au troisième trimestre

La croissance allemande déçoit au troisième trimestre

Le PIB a progressé de seulement 0,2 % en raison d’une moindre performance à l’exportation.
Eurostat a confirmé le chiffre de 0,3 % pour la hausse du PIB de la zone euro.

Déception. De moindres exportations conjuguées à une hausse des importations ont été à l’origine d’une croissance allemande poussive au troisième trimestre. Selon les chiffres publiés mardi par l’office fédéral des statistiques, Destatis, la progression du produit intérieur brut (PIB) de l’Allemagne n’a atteint que 0,2 % (chiffre provisoire), après 0,4 % au trimestre précédent. C’est légèrement moins que les anticipations des économistes qui avaient placé la barre à 0,3 %.

Dans les faits, la demande intérieure du pays où les dépenses des ménages comme du secteur public se sont de nouveau inscrites en progrès, explique l’augmentation des importations, a souligné Destatis. Sur un an, le PIB a augmenté de 1,5 % en données brutes. Cette relative déception ne remet pas en cause les prévisions du gouvernement, lequel anticipe une hausse de 1,8 % du PIB cette année. Le haut niveau du baromètre Ifo du moral des entrepreneurs allemands et de l’indice PMI de l’activité du secteur manufacturier devraient permettre un rebond au dernier trimestre, les économistes tablant sur un chiffre compris entre 0,3 % et 0,5 %.
Contexte d’incertitudes

Pour l’an prochain, où Berlin prévoit déjà un ralentissement de la croissance à 1,4 %, reste l’inconnue américaine. « La grande question est de savoir comment les entreprises qui dépendent de l’export vont réagir à la victoire de Trump », s’interroge Andreas Rees, économiste chez UniCredit. En 2015, l’excédent commercial allemand vis-à-vis des Etats-Unis a représenté 2 % du PIB, selon les calculs de Commerzbank. « Si le plus grand partenaire commercial de l’Allemagne se tourne vers davantage de protectionnisme, cela pourrait définitivement laisser des traces sur la croissance allemande », avertit d’ores et déjà Carsten Brzeski, économiste d’ING Bank.

Ce trou d’air de la première puissance économique européenne s’est évidemment répercuté sur les chiffres de la zone euro. Le PIB y a progressé de 0,3 %, soit un chiffre identique à celui du deuxième trimestre, a indiqué mardi Eurostat. Tous les pays ne sont pas à la même enseigne. Aux Pays-Bas, la croissance est restée forte, avec 0,7 %, soit un dixième trimestre de hausse consécutif, selon l’Office central des statistiques. Contrairement au voisin allemand, la croissance a été principalement portée par les exportations et la consommation des ménages. Le Portugal fait encore mieux, puisque le PIB a crû de 0,8 % après 0,3 % au trimestre précédent. Là encore, l’accélération s’explique par une forte augmentation des exportations de biens et services. Troisième économie de la zone euro, l’Italie n’a quant à elle enregistré qu’une hausse de 0,3 % de son PIB.

Dans ce contexte d’incertitudes, la chancelière Angela Merkel a insisté mardi devant BDA (fédération des employeurs) sur l’importance pour l’Allemagne de ne pas se reposer sur ses lauriers et de penser au-delà de la « phase actuelle de prospérité économique ».

Richard Hiault, Les Echos

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