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La disparition du diesel attendue pour 2030 ?

La disparition du diesel attendue pour 2030 ?

D’après une étude, les nouveaux équipements imposés aux moteurs diesel en vue de mieux contrôler les émissions polluantes, pourraient largement entamer leur compétitivité. Dans le même temps, les voitures électriques les supplanteraient, même sans subventions publiques.

Le diesel bashing continue. Cette fois, c’est une note d’un cabinet d’étude qui accable cette technologie en pronostiquant sa disparition à horizon 2030. D’après AlixPartners, les nouvelles réglementations à venir vont tellement renchérir le diesel, que cette motorisation ne sera plus du tout viable économiquement. Ainsi, pour respecter un objectif d’émission de 64g de CO2 par kilomètres, il faudra compter pas moins de 9.100 euros d’équipements supplémentaires à horizon 2030. La facture s’élèvera à 12.850 euros pour une grande voiture. Et ce budget équipement ne tiendra pas compte du coût de développement de nouvelles motorisations.

“Il faudrait que les constructeurs doublent voire davantage, leur budget recherche et développement sur les émissions pour passer durablement sous le seuil des 100g de CO2/km”, juge Laurent Petizon, analyste automobile chez AlixPartners.

D’après l’étude, la voiture électrique devrait ainsi devenir plus compétitive que le diesel dans une dizaine d’années, et sans subventions.

Le diesel a déjà disparu des petites voitures

De fait, le phénomène décrit par AlixPartners a déjà fait son œuvre sur le segment A (Twingo, 106 ou C1) où le diesel n’est plus disponible. La succession de nouvelles réglementations a imposé de nouveaux équipements qui rendaient le diesel très peu compétitif sur ce segment.

La question du diesel est de plus en plus contestée par l’opinion publique. Cette motorisation a été déclarée cancérogène par l’Organisation mondiale de la santé en 2012. Elle a ensuite été la source du scandale Volkswagen aux Etats-Unis, qui a choisi d’installer un logiciel de triche plutôt que d’équiper ses voitures d’un système de dépollution.

Échaudé par les errements de son entreprise, Matthias Müller, Pdg du groupe Volkswagen, s’est récemment interrogé sur la pertinence de poursuivre ses investissements dans la technologie diesel.

“Au bout d’un moment, la question va se poser de savoir si nous devons dépenser encore beaucoup d’argent pour poursuivre le développement du diesel”, a-t-il déclaré au quotidien allemand Handelsblatt le 21 juin dernier.

“Nous savons qu’une législation renforcée sur les émissions doit venir en 2020. Nous nous doutons de ce qui suivra cinq ou dix ans plus tard. Il est ainsi déjà prévisible aujourd’hui que la réduction des gaz polluants pour le diesel va devenir énormément coûteuse et sophistiquée. En même temps, l’électromobilité devient meilleure marché”, avait pointé le dirigeant.

Le groupe veut justement se concentrer sur des solutions dites d’électromobilité, autrement dit, sur la voiture électrique.

La désaffection pour le diesel s’amplifie en France

Le retournement du marché en faveur de l’essence se confirme en France, pays traditionnellement très diésélisé. La part des motorisations diesel est passée de 77% à 58% des ventes entre 2008 et 2015. Au premier semestre 2016, cette part a même perdu 5 points de parts de marché pour pointer à 53%. A l’inverse, la voiture électrique est passée de 0,79% à 1,12% entre les premiers semestres 2015 et 2016.

Longtemps moquée, la voiture électrique est désormais dans toutes les bouches. BMW et Renault sont en passe de doubler l’autonomie de leurs modèles électriques à 300 km.

Nabil Bourassi
latribune.fr

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