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La Fed toujours prudente sur la relève de ses taux

La Fed toujours prudente sur la relève de ses taux

Pas de changement de politique monétaire prévisible jusqu’en mars. Les taux directeurs sont maintenus à leur niveau.

Les exégètes de la banque centrale américaine s’en sont donnés à cœur joie, mercredi. Comme prévu, la Réserve fédérale n’a annoncé aucun changement à sa politique monétaire, mais ils étaient impatients de chercher entre les lignes de son communiqué l’indice qui donnerait une idée du moment où la Fed serait prête à resserrer sa politique monétaire. Les économistes parient pour un relèvement des taux cet été, mais l’évolution du contexte global laisse à penser que la banque centrale se donnera plus de temps pour agir. Ils seront davantage fixés à la réunion de mars, car la Fed considère qu’elle peut-être « patiente » avant de relever ses taux. ce qui signifie dans le code de la banque, qu’elle ne changera pas d’avis avant au moins deux réunions.

Tous les indicateurs américains ne sont pas au vert même si la croissance du quatrième trimestre 2014, publiée demain, devrait être de bonne tenue. Les membres du comité de politique monétaires vont en effet prendre en compte l es mauvais résultats des grandes entreprises américaines sur la fin de l’année – à l’exception notable d’Apple (lire page 22) – pénalisées par un dollar trop fort. Qui a pris plus de 15 % depuis le printemps dernier par rapport aux grandes devises. La Fed constate néanmoins que l’activité économique se développe a un « bon rythme » .

Inflation faible

Janet Yellen, la présidente de la Réserve fédérale, a aussi conscience du faible niveau de l’inflation (0,76 % en décembre) comme du fait que les salaires des Américains ne sont pas repartis à la hausse alors que les Etats-Unis s’approchent d’un niveau de plein-emploi avec un taux de chômage à 5,6 %. Il faut ajouter à cela les pressions déflationnistes qui résultent de la baisse des prix du pétrole. « L’inflation va continuer à décliner à court terme… mais remontera à moyen terme » assure la banque centrale.

« La volonté de la Fed de hausser ses taux en 2015 tiendra à sa perception cyclique de la santé de l’économie pour laquelle le marché du travail – et les salaires en particulier – joue un rôle majeur », estime Evariste Lefeuvre, chef économiste pour les Amériques chez Natixis North America. Vu le contexte actuel, il n’y a donc pas urgence à agir .

La Réserve fédérale sera également attentive, dans les mois qui viennent, aux différents rythmes impulsés par les autres banques centrales. Alors que la Fed se ­prépare à resserrer sa politique monétaire, la banque centrale du Japon a lancé depuis plusieurs mois un large plan d’assouplissement quantitatif, la banque centrale canadienne vient d’abaisser son taux directeur tandis que la Banque centrale européenne a lancé un programme de soutien massif à la zone euro de 1.140 milliards qui peut être prolongé au-delà de septembre 2016. Elle agit alors que l’environnement s’est dégradé en zone euro, avec une inflation basse persistante et une croissance économique trop faible.

Virginie Robert / Chef du Service International
lesechos.fr

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