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La femme qui devait redonner une conscience à Volkswagen jette l’éponge

La femme qui devait redonner une conscience à Volkswagen jette l’éponge

Christine Hohmann-Dennhardt était arrivée en plein scandale du « Dieselgate » pour aider le groupe à tirer les leçons de la crise.

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Sa démission risque de faire du bruit. Christine Hohmann-Dennhardt, qui était arrivée de Daimler en janvier 2016 pour prendre la nouvelle direction « compliance et juridique » chez Volkswagen, en plein scandale des moteurs diesel, va quitter le constructeur automobile à la fin du mois. « Volkswagen et Madame Hohmann-Dennhardt se quittent pour cause de conceptions différentes sur les responsabilités et les futures structures de travail dans son département », a déclaré jeudi le groupe de Wolfsburg dans un communiqué. Elle quittera le directoire le 31 janvier « d’un commun accord », après que plusieurs règlements ont été trouvés avec les autorités américaines.

Christine Hohmann-Dennhardt était arrivée dans l’urgence chez Volkswagen après avoir réglé avec succès les litiges pour corruption de Daimler aux Etats-Unis. Ancienne juge constitutionnelle très respectée, on lui prête une personnalité tranchée. Chez Volkswagen, elle a créé le département « compliance et juridique », qui n’existait pas avant son arrivée. Son départ précipité intervient alors que le groupe est soupçonné de ne pas contribuer autant qu’il le pourrait à l’élucidation du scandale des moteurs manipulés, qui lui a déjà coûté plus de 20 milliards de dollars.

Résistances dès son arrivée

Seule femme du directoire, Christine Hohmann-Dennhardt avait très vite été confrontée à des résistances. Dès son arrivée, le comité d’entreprise avait bloqué sa décision de recruter l’ancien patron du FBI, Louis Freeh, pour aider le groupe dans ses démêlés avec la justice américaine. « Nous ne connaissons pas cette personne », avait alors sèchement déclaré une source proche du personnel de VW à l’agence dpa. Louis Freeh avait exercé une fonction de surveillance chez Daimler, après un règlement entre le constructeur automobile de Stuttgart et Washington.

Le départ inattendu de Christine Hohmann-Dennhardt risque de semer le trouble chez Volkswagen, critiqué pour son manque de transparence dans le scandale du diesel. La juriste sera remplacée par Hiltrud Werner, arrivée elle aussi en janvier 2016, après un passage chez l’équipementier allemand ZF Friedrichshafen. « Volkswagen va continuer à imposer avec vigueur le changement des mentalités et des actions », a déclaré le groupe, rappelant son engagement en faveur d’un « comportement éthique et intègre » et d’une décentralisation.

Thibaut Madelin

lesechos

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