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La femme va-t-elle enfin trouver sa place dans l’économie africaine ?

La femme va-t-elle enfin trouver sa place dans l’économie africaine ?

par Dominique Ouattara

Dominique Ouattara est l’épouse d’Alassane Ouattara, président de la République de Côte d’Ivoire. Anciennement chef d’entreprise, elle se consacre aux activités de sa Fondation Children of Africa depuis l’élection de son époux, ainsi qu’au Fonds d’appui aux femmes de Côte d’Ivoire (FAFCI) qu’elle a fondé en 2012.

Malgré des discriminations persistantes, le poids économique des femmes en Afrique est de plus en plus important. Les initiatives se développent partout sur le continent pour permettre une inclusion durable des femmes dans la sphère économique, à l’image du Fonds d’appui aux femmes de Côte d’Ivoire.

La relation entre la femme et l’économie nourrit un curieux paradoxe. Dans le monde, les femmes effectuent les deux tiers du nombre d’heures de travail et produisent plus de la moitié des aliments, mais elles ne gagnent que 10 % du revenu total, possèdent moins de 2% des terres et reçoivent moins de 5% des prêts bancaires.

Les barrières légales sont aujourd’hui tombées, les restrictions au droit de propriété des femmes disparaissent et les femmes sont légalement en droit d’accéder au marché du travail sans l’autorisation d’un référent masculin – ce qui n’était pas le cas dans nombre de pays africains auparavant. Mais ce sont dorénavant les traditions et les normes sociales qui constituent les obstacles les plus puissants à l’émancipation économique de la femme africaine.

Management au féminin

Selon les derniers chiffres des Nations unies (ONU), le taux d’activité économique des femmes d’Afrique, autour de 61,9%, est supérieur à celui de la plupart des autres zones économiques du monde. Cependant, le pourcentage de femmes salariées dans le secteur non agricole est l’un des plus faibles (8,5%). Quelle conclusion tirer de ces chiffres ? Ils sont pour le moins éloquents sur la place de la femme dans l’économie du continent, où elle continue d’être perçue comme une salariée de second rang, trop souvent limitée à des tâches inférieures et peu qualifiées. Les femmes ont ainsi plus de risques que les hommes d’occuper un emploi vulnérable et de sombrer dans une grande précarité en cas de difficultés économiques. Plus d’emplois – et de meilleure qualité – pour les femmes, voilà l’objectif que je me suis donné.

La société africaine est en mouvement de ce point de vue. En Afrique, les femmes sont de plus en plus nombreuses à diriger une entreprise. Plutôt que d’attendre de décrocher un poste, la femme africaine s’est créé son propre emploi : 42 % des microentreprises sont ainsi dirigées par des femmes. La plus grande difficulté consiste ensuite à faire fleurir l’activité et à étendre la taille de l’entreprise : seules 13,6 % des petites et moyennes entreprises (PME) ont une femme à leur tête. Ainsi, plus la taille de l’entreprise est importante, moins les femmes sont nombreuses à assurer les postes de direction.

Les chiffres montrent cependant une tendance très encourageante. Les discriminations face à l’accès à l’emploi et à des postes à responsabilité commencent à s’effacer au profit d’une plus grande inclusion des femmes et une meilleure reconnaissance de leurs capacités professionnelles. Mieux encore, le management au féminin commence à être loué pour ses vertus. Rompant avec l’archétype d’une gestion exclusivement masculine – « parler fort, couper la parole et s’imposer », pour schématiser –, un modèle féminin pourrait modifier en profondeur les relations sur le lieu de travail, et en dehors.

Chères disparités hommes-femmes…

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