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La France reste incapable de résorber son déficit commercial

La France reste incapable de résorber son déficit commercial
La balance commerciale reste très dépendante des livraisons d'Airbus.

En janvier, le déficit commercial s’est élevé à 3,7 milliards d’euros. La baisse du prix du pétrole et la dépréciation de l’euro face au dollar ne sont pas des phénomènes assez puissants pour modifier la structure du commerce extérieur tricolore.

C’est un départ raté. Un de plus. En janvier, la balance commerciale a accusé un nouveau déficit. Selon les Douanes, il s’est élevé à 3,7 milliards d’euros, la hausse de 0,5% des exportations étant inférieure à celle des importations (+0,6%). En cause ? Un décrochage passager des livraisons d’Airbus.

Mais ceci n’est qu’une anecdote. La cause principale de ce énième déficit – le dernier excédent commercial mensuel remonte à mai 2004, le dernier excédent annuel à 2003 – c’est la faible taille de l’appareil exportateur et son incapacité à se projeter davantage hors de la zone euro, sur des marchés dynamiques tels que la Chine, même si la situation de la deuxième économie mondiale est aujourd’hui moins radieuse qu’hier.

Un tissu d’exportateurs surreprésenté par les TPE-PME

Quelles sont les forces en présence ? Selon le bilan annuel des Douanes, la France comptait 125.000 exportateurs dans ses rangs en 2015, soit à peine plus de 4% du stock total d’entreprises. Certes, ce nombre a légèrement progressé par rapport à 2014, de 3,1%, grâce à l’augmentation de commerçants exportateurs… Mais ce bataillon souffre de la comparaison par rapport à celui de l’Allemagne où l’on recense plus de 300.000 exportateurs. En outre, en France, 77% de l’export est réalisé par des TPE-PME qui emploient moins de 20 personnes, dont les ventes ne représentent en valeur que 24% des exportations totales.

Sous-capitalisées, donc incapables de se doter d’un véritable service chargé du développement international, les exportateurs n’ont donc pas d’autres choix que de limiter leurs prospections aux pays de la zone euro. Certes, la part des exportations à destination de la Chine a fait un bond entre 2005 et 2015, passant de 1,6% à 4% des ventes totales à l’étranger. Mais la France partait de si bas…

Un petit pas vers la Chine

A titre de comparaison, les exportations allemandes vers l’Empire du Milieu représentaient 2,7 % des exportations totales en 2005 et 5,95% dix plus tard. Si l’on compare ces ratios, la France n’est pas si en retard. En revanche, en valeur, l’écart est saisissant. En 2015, les exportations allemandes vers la Chine ont atteint 71 milliards d’euros. Les exportations françaises n’ont pas réussi à dépasser les 18 milliards d’euros.

Les gains de compétitivité prix offerts par la baisse des prix du pétrole et par la dépréciation de l’euro face au dollar n’auront pas été suffisamment élevés pour modifier la structure du commerce extérieur tricolore. Embryonnaire il est, embryonnaire il restera.

Fabien Piliu
latribune.fr

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