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La Grèce paie ses dettes et s’engage sur un long chemin de réformes

La Grèce paie ses dettes et s’engage sur un long chemin de réformes

Après le remboursement de la BCE et du FMI, la Grèce est à jour dans le paiement de ses dettes. Quatre semaines de négociations s’ouvrent pour définir les conditions de son nouveau sauvetage.

Pour la Grèce, le principal obstacle est finalement franchi mais le plus dur reste à construire. Ce lundi, Athènes a obtenu le prêt d’urgence de 7,16 milliards d’euros des Européens promis en échange de l’adoption d’un premier train de réformes. Cela lui a permis de rembourser 4,2 milliards d’euros à la Banque centrale européenne (BCE) et de régler ses arriérés de paiement à hauteur de 2 milliards au Fonds monétaire international (FMI). Les banques ont rouvert dans le calme tandis que la hausse des taux de TVA votée dans la nuit de mercredi à jeudi est entrée en vigueur.

La Grèce est donc à jour sur sa dette et dispose encore de quelque 800 millions d’euros pour faire face aux nouvelles échéances dues jusqu’à la mi-août. D’ici là, si tout se passe bien, les négociations sur le troisième plan d’aides d’un montant maximum de 86 milliards d’euros seront terminées et le Mécanisme européen de stabilité (MES) pourra rembourser le prêt d’urgence et avancer les sommes nécessaires pour qu’Athènes rembourse la deuxième échéance annuelle importante due à la BCE. Le 20 août, 3,2 milliards d’euros d’obligations grecques arrivent à maturité.

Vote de nouvelles réformes mercredi

Pour obtenir le feu vert final à l’ouverture des négociations sur son plan d’aides, Athènes doit encore voter ce mercredi deux réformes supplémentaires : l’une sur la transposition dans le droit grec des nouvelles règles de l’Union bancaire, notamment pour traiter les faillites bancaires, et l’autre sur une refonte du code de procédure civile, afin d’accélérer le fonction­nement des tribunaux civils, trop lents et trop coûteux.

Il restera alors quatre petites semaines aux créanciers et au gouvernement grec pour coucher les termes de l’accord, et notamment la longue liste des réformes promises en échange d’un nouveau financement. A l’issue de six mois de discussion, chacun sait à peu près à quoi s’en tenir. La Grèce doit approfondir sa réforme des retraites d’ici à octobre 2015, renforcer la concurrence en ouvrant plusieurs secteurs et professions réglementés (par exemple les transports par ferry), et introduire de la concurrence sur le marché de l’électricité. Elle doit également moderniser son droit du travail et son administration publique qui doit être « dépolitisée ». Enfin, il lui faut définir un programme de privatisation sérieux, à même d’alimenter le fonds de garantie exigé lors du sommet de la zone euro.

Anne Bauer / Correspondante à Bruxelles
lesechos.fr

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