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La Grèce regagne un peu de confiance auprès de ses partenaires européens

La Grèce regagne un peu de confiance auprès de ses partenaires européens

L’Eurogroupe a donné son feu vert vendredi au troisième plan d’aide grec, d’un montant de 86 milliards d’euros.Angela Merkel va devoir convaincre sa majorité politique cette semaine du bien-fondé de cet accord.

La Grèce et ses partenaires européens se sont offert une fin d’été en pente douce, un court répit avant un automne sans doute à nouveau propice aux tensions. Le remboursement exigé jeudi pour Athènes d’une échéance de 3,5 milliards d’euros à la BCE ne provoquera ainsi pas de nouveau psychodrame, c Le feu vert donné vendredi dernier par l’Eurogroupe au troisième plan d’aide à la Grèce donne en effet au pays un bol d’air financier pour quelques semaines. Sur les 86 milliards d’euros prévus sur trois ans, Athènes va recevoir dès mercredi une première aide de 13 milliards d’euros (assez pour payer la BCE et rembourser le prêt relais octroyé par les Européens en juillet) tandis que 10 autres milliards seront consacrés à la recapitalisation des banques. Par ailleurs, 3 milliards seront distribués en septembre-octobre, soit un total pour cette première tranche d’aide de 26 milliards.

Ce nouvel Eurogroupe a tranché par son ambiance avec tous ceux qui se sont déroulés depuis le début de l’année : pas de dramatisation excessive, pas de menaces voilées, pas de claquements de porte, les acteurs ont semblé avoir subitement changé de pièce par rapport à celle jouée ces derniers temps. La bonne volonté montrée par le gouvernement grec depuis trois semaines pour mettre sur pied un programme de réformes en échange de l’aide a été saluée par tous les ministres. Même l’intransigeant Wolfgang Schäuble a eu ses premiers mots positifs sur le pays depuis des mois, soulignant que le gouvernement « essayait maintenant réellement de remettre le pays sur la voie du développement économique ». « La coopération du gouvernement grec a été très forte, cela a aidé », a renchéri Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe.

Merkel salue le changement d’attitude du gouvernement Tsipras

“Il y a un certain espoir” que le troisième plan d’aide international, de 86 milliards d’euros, adopté vendredi par les ministres des Finances de la zone euro, permette de résoudre le problème grec, a estimé Angela Merkel sur la chaîne publique ZDF.
“Ce que nous avons vu entre la première séance exceptionnelle (du Bundestag, le 17 juillet pour approuver le principe d’une nouvelle aide à la Grèce, ndlr) et le résultat des négociations (entre Athènes et ses créanciers le 11 août), c’est que le gouvernement grec a travaillé complètement différemment que lors des mois précédents”, a-t-elle ajouté.
Le gouvernement du Premier ministre de la gauche radicale, Alexis Tsipras, “a compris que le pays ne pouvait se redresser que si des réformes sont vraiment engagées”, a-t-elle jugé.
Elle a néanmoins insisté sur “les nombreuses étapes” qui restent à passer pour la Grèce dans la mise en place du catalogue très pointilleux de réformes à engager pour bénéficier d’oxygène financier. Il faut de nouvelles réformes difficiles si l’on “veut voir la lumière au bout du tunnel”, a insisté la chancelière.

Convaincre le Bundestag

Il faut voir si ce nouveau climat peut durer longtemps, particulièrement à Berlin. Angela Merkel va en effet rapidement pouvoir constater si ce regain de compassion à l’égard d’Athènes est partagé par ses amis politiques. Le Bundestag doit se prononcer mercredi sur ce nouveau plan d’aide à la Grèce. Si le feu vert est quasi certain, tous les analystes guetteront le nombre de frondeurs au sein de la CDU. En juillet, ils avaient été 65 députés à se prononcer contre les négociations sur ce plan d’aide. « Si l’Allemagne a freiné si longtemps la semaine dernière avant de donner son feu vert, c’est à cause des divergences entre Wolfgang Schäuble et Angela Merkel, mais aussi parce que cette dernière voulait montrer à sa majorité qu’elle n’était pas devenue complaisante à l’égard d’Athènes », juge un diplomate européen.

Les parlementaires allemands vont être d’autant plus difficiles à convaincre que la participation du FMI à ce nouveau plan d’aide – une exigence de Berlin – reste toujours aussi incertaine. Le Fonds ne se prononcera qu’à l’automne, mais répète inlassablement que sa participation est conditionnée à un allégement du fardeau de l’endettement grec. Or tout attachée qu’elle est à la présence du FMI, l’Allemagne n’a pas l’intention pour autant de lâcher trop de lest sur cette question. « Un effacement pur et simple de la dette ne fonctionne pas du tout dans le cadre du droit européen », a prévenu samedi Wolfgang Schäuble dans un entretien à « Deutsche Welle ». « Nous disposons seulement d’une certaine marge de manœuvre pour prolonger encore les maturités. Cette marge n’est pas très importante. »

Renaud Honoré
lesechos.fr

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