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La mauvaise gestion de la question foncière pourrait replonger le Libéria dans le chaos (ONG)

La mauvaise gestion de la question foncière pourrait replonger le Libéria dans le chaos (ONG)

Verra-t-on le Libéria retomber dans la guerre civile ? C’est en tout cas la crainte des organisations de la société civile qui estiment que l’échec de l’adoption d’une loi reconnaissant les droits des communautés rurales sur leurs terres ancestrales pourrait faire l’effet d’une étincelle dans un baril de poudre.

Le projet de loi sur la propriété foncière, qui a été soumis au corps législatif en septembre 2014, a connu peu d’avancées et pourrait, s’il n’était pas adopté avant le mois d’août, voir son étude être reporté à l’année prochaine, après l’élection présidentielle. «L’échec de la reconnaissance des droits de milliers de Libériens sur ces terres pourrait mettre en péril la paix et la sécurité et alimenter le retour des conflits qui ont dévasté notre pays pendant des décennies», a estimé le groupe de travail des organisations de la société civile sur les questions foncières.

Selon l’agence américaine pour le développement international (Usaid), plus de la moitié des Libériens vivent sur des terres dont la propriété est définie par des lois coutumières. Cependant les concessions réalisées par l’Etat ont permis aux multinationales de prendre le contrôle de grandes superficies pour la production de bois, l’exploitation minière et l’agriculture. Cette prise de possession s’est faite en ignorant les droits des communautés vivant sur ces terres, ce qui est source de tensions. Ainsi, par exemple, les exploitations minières et agricoles se pratiquent sur quelques 4000 kilomètres carrés qui sont occupés par des communautés allogènes.

Commentant cette situation, Solange Bandiaky-Badji, directrice pour l’Afrique de Rights and Resources Initiative (RRI), déclare : « si les leaders libériens tentent d’amorcer le développement du pays en vendant les terres communautaires au plus offrant, le prix à payer sera encore l’instabilité et les conflits ».

Aaron Akinocho
agenceecofin.com

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