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La naissance du futur Nokia-Alcatel se précise

La naissance du futur Nokia-Alcatel se précise

Nokia lance l’offre publique d’échange avec Alcatel-Lucent ce mercredi.
La transaction devrait être finalisée au premier trimestre 2016.

Le rachat d’ Alcatel-Lucent par Nokia entre dans sa dernière ligne droite. Après avoir obtenu toutes les autorisations réglementaires dans les différents pays, notamment en France, aux Etats-Unis et en Chine, c’est ce mercredi que le groupe finlandais lance officiellement l’offre publique d’échange (OPE) sur les actions et les obligations convertibles (Oceanes) de l’équipementier franco-américain, cotées à Paris. L’Autorité des marchés financiers a en effet donné son feu vert en déclarant l’OPE conforme, jeudi 12 novembre. Elle sera ouverte jusqu’au 22 décembre, avec un résultat définitif donné le 30 décembre.

Une action Alcatel-Lucent donne droit à 0,55 action Nokia. L’offre valorise le groupe franco-américain 15,6 milliards d’euros. Certains actionnaires, comme le fonds Odey (5 % du capital), ont déjà indiqué qu’ils n’apporteraient pas leurs titres à l’offre. Pas de quoi remettre en cause pour autant l’OPE.

Nokia organisera une assemblée générale extraordinaire le 2 décembre, lors de laquelle les actionnaires devront approuver le rachat. Si tout se passe bien, l’opération pourrait donc être finalisée dès le premier trimestre, avec une cotation des actions du nouvel ensemble à Helsinki et à Paris mi-février.

Si le calendrier s’accélère – les deux groupes misaient initialement sur une finalisation au premier semestre -, chez Nokia et Alcatel-Lucent, on opère encore comme si l’on était deux concurrents. Les équipes ont l’interdiction formelle d’échanger des informations. Seule une poignée de salariés au sein des deux groupes planche directement sur le rapprochement, essentiellement des personnes travaillant dans les départements finance et recherche et développement. Et ils ont pour consigne de ne parler à personne d’autre.

Un groupe généraliste

Dans les deux groupes, les équipes sont toutefois prêtes à travailler ensemble. On sait déjà à quoi ressemblera la future organisation du nouvel ensemble, avec la plupart des postes de direction occupés par les cadres de Nokia. « La structure de management est claire. C’est ce qui rendra la fusion plus facile », garantit Timo Ihamuotila, le directeur financier de Nokia. Chez Alcatel-Lucent, on ne s’offusque pas de cette domination finlandaise et l’on rappelle que Nokia a aussi retenu la structure par métiers qui était en vigueur au sein du groupe franco-américain. « Les salariés du groupe sont moteurs dans ce rapprochement, assure Philippe Guillemot, le directeur opérationnel d’Alcatel-Lucent, en charge de l’intégration dans le projet de fusion. On a passé beaucoup de temps à faire de la pédagogie. Ils savent que le projet est cohérent avec le discours que l’on tient depuis deux ans. »

Ce discours, c’est celui de la nécessité de demeurer un groupe généraliste, présent dans le mobile et le fixe, pour pouvoir lutter avec la concurrence, sur un marché des équipements télécoms promis à une croissance faible dans les prochaines années. La récente annonce du partenariat entre Ericsson et Cisco dans les réseaux vient un peu plus confirmer cette vision stratégique. « Il faut disposer d’un portefeuille de produits complet pour satisfaire la demande de tous nos clients. Le nouveau groupe aura désormais les moyens de nos ambitions », estime Philippe Guillemot.

Le nouvel ensemble pèsera 25 milliards d’euros de chiffre d’affaires, avec une marge opérationnelle comprise entre 11 et 12 %. Il disposera de 9 milliards en cash, dont 4 milliards seront rapidement redistribués aux actionnaires.

Romain Gueugneau / Journaliste
lesechos.fr

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