Accueil / International / La Nouvelle route de la soie ne convainc pas les producteurs espagnols

La Nouvelle route de la soie ne convainc pas les producteurs espagnols

La Nouvelle route de la soie ne convainc pas les producteurs espagnols
Le projet de la Nouvelle route de la soie, initié par Xi Jinping, a reçu le soutien de la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (BAII).

Depuis novembre 2014, la Nouvelle route de la soie, permet de renforcer les échanges économiques et commerciaux entre l’Europe et la Chine. Seulement, le projet ne semble pas attirer tous les pays concernés.

Faire renaître la fameuse route de la soie, tel est le pari de Pékin. La Chine est sur tous les fronts pour faire face à sa plus faible performance de taux de croissance depuis près d’un quart de siècle (6,9% en 2015). Le projet de la Nouvelle route de la soie également appelée OBOR, en anglais “one belt, one road” initié en 2013, fait partie des infrastructures lancées pour booster l’économie du pays.

Le 6 avril 2014, au départ de la ville de Wuhan, s’effectuait le premier trajet en direction de la France. Le convoi arrivait à Lyon en 21 jours. “Un bon temps de parcours, sachant qu’en bateau il faut deux à trois fois plus de temps. La voie maritime est moins chère, mais le ferroviaire représente un intermédiaire entre le navire et l’avion. Et, en avion cela peut être long aussi puisqu’il peut s’écouler une semaine entre l’arrivée dans les terminaux aéroportuaires et la destination finale”, expliquait à l’AFP, Philippe Moritz, un des responsables de la communication de la SNCF.

Remise en cause de l’infrastructure en Espagne

L’intérêt de ce choix de transport semble ne pas avoir convaincu tout le monde. En Espagne, seuls 8 convois ont été envoyés en direction de la Chine contre 39 dans le sens inverse, explique le journal espagnol El País. L’écart s’explique en partie par la nature des produits exportés par l’Espagne qui sont essentiellement alimentaires et ne supportent pas les changements de température, inévitables au cours de ce long trajet. “C’est cher, et ce n’est pas approprié en raison des températures extrêmes en été ou en hiver”, explique César Jiménez dans un entretien publié mercredi 18 mai sur le site d’information Quartz.

Près de 13.000 kilomètres séparent la Chine et l’Espagne et “les conteneurs ne sont ni chauffés ni réfrigérés. Même les couvertures thermiques ne suffisent pas car elles ne permettent pas de limiter suffisamment les écarts de température”, ajoute le producteur espagnol d’huile d’olive. Le jambon et l’huile d’olive sont très demandés mais pour préserver leur qualité, impossible d’effectuer des transports en dehors des saisons “douces” comme l’automne et le printemps.

“Nous avons soutenu la route Yiwu-Madrid et pensons que les producteurs espagnols l’utiliseront davantage à l’avenir”, déclare toutefois Francisco Javier Garzon de l’Institut Espagnol du Commerce Exterieur (ICEX) à El País.

En réalité, la Nouvelle route de la soie serait avant tout un instrument de développement interne. “En fait, la nouvelle route de la soie n’est pas un outil pour étendre la puissance chinoise, contrairement à ce que pensent certains. Elle répond vraiment à des prérogatives intérieures. À savoir le développement de l’ouest du pays, le besoin de reformer les entreprises en les poussant à s’exporter et le besoin de sécuriser des ressources ainsi que ses frontières”, résumait un diplomate d’un grand partenaire commercial à La Tribune en avril dernier.

Emma Hélie
latribune.fr

Aller en haut