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La pénurie de billets de banque en Inde fait bondir les cours du coton

La pénurie de billets de banque en Inde fait bondir les cours du coton

Les cours mondiaux du coton ont grimpé de 5% la semaine dernière. En cause, la disparition des gros billets en Inde, le premier producteur mondial de fibre.

La pénurie de billets de banque en Inde fait bondir les cours du coton. A la bourse de New York, la livre de fibre a terminé la semaine à 72 cents et demi contre 69 cents la semaine précédente, une hausse de 5%. Raison principale, l’Inde a fourni moitié moins de coton depuis début octobre que l’an dernier, or elle est le deuxième exportateur mondial de fibre.

Les paysans indiens ne livrent pratiquement plus de coton depuis le 8 novembre. Ce jour-là le Premier ministre indien annonce le retrait des billets de 500 et de 1000 roupies pour lutter contre l’économie souterraine. Depuis, c’est un peu la désorganisation générale, le géant indien manque de coupures. Or les paysans veulent être payés en cash. Alors en attendant que la circulation des billets revienne à la normale, ils s’assoient sur leurs balles de coton.

Les ventes de coton indien à la Chine, au Bangladesh et au Pakistan, ses plus gros acheteurs, sont en baisse. C’était pourtant une période plus favorable aux exportations indiennes qu’aux exportations américaines de coton, étant donné la chute de la roupie face au dollar.

Les perturbations dans les expéditions de coton indien ne devraient pas durer plus d’une quinzaine de jours, l’envolée des prix de la fibre sera momentanée. Car le bilan mondial du coton reste lourd.

Les Etats-Unis ont beaucoup produit, la zone franc et la Turquie également, ce qui compense largement la récolte indienne, inférieure à la moyenne depuis deux ans. Surtout 18 millions de tonnes de stocks encombrent encore le marché international, la consommation mondiale n’est pas suffisante pour les éponger rapidement, ce qui pèse sur les prix mondiaux de la fibre naturelle, depuis quatre ans maintenant.

L’absence de grosses coupures en Inde aura plus de conséquences sur les récoltes de céréales d’hiver du géant asiatique, les paysans manquant d’espèces pour acheter les semences.

Claire Fages
rfi

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