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La prévision de l’ancien patron de Sonatrach : La rencontre OPEP d’Alger «pourrait contribuer…

La prévision de l’ancien patron de Sonatrach : La rencontre OPEP d’Alger «pourrait contribuer…

Pétrole / La prévision de l’ancien patron de Sonatrach Abdelmadjid Attar : La rencontre OPEP d’Alger «pourrait contribuer à une relance des cours du brut»

Depuis juin 2014, les prix du baril de pétrole ont été divisés par quatre. Avant que l’OPEP ne prenne la décision de maintenir sa production au niveau de 2011, le baril s’échangeait autour de 110 dollars contre 28 dollars en début d’année.

Dès lors, il n’a cessé de subir les fluctuations du marché, au moment où experts et analystes continuent de surveiller les cours en s’interrogeant sur ce qui les fera monter ou redescendre ? Mais contrairement à certains observateurs qui s’accordent à dire que le temps du pétrole cher est révolu, Abdelmadjid Attar, consultant, expert international en énergie et actuel vice-président de l’Association algérienne de l’industrie du gaz, n’est pas de cet avis, même si, pour lui, un baril à 100 dollars est à mettre aux oubliettes.

 

En effet, lors de son intervention hier sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, celui qui a été également PDG de la Sonatrach s’est montré optimiste quant à la remontée, si légère soit elle, des prix de l’or noir à la faveur de la prochaine rencontre informelle des représentants de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) qu’abritera Alger en marge du 15e Forum international de l’énergie. « Le fait que les pays membres de l’Opep se soient mis d’accord pour se revoir à Alger dénote un renforcement des espérances qu’un accord de stabilisation des prix du pétrole pourra enfin se concrétiser », a indiqué Abdelmadjid Attar. Au passage, il a souligné toute l’importance que représente la tenue de ce forum, qui regroupe pays producteurs, compagnies pétrolières et États consommateurs. Toutefois, il tient à rappeler que si la majorité des membres de l’Opep semblent s’être mis d’accord en faveur d’une telle mesure, certains autres, à l’exemple de l’Iran, « n’ont pas encore clairement défi ni leur position ». Et encore une fois, l’ancien PDG a réaffirmé que ce n’est plus, désormais, le seul niveau de production de l’OPEP qui détermine le prix du pétrole. Il existe, a-t-il poursuivi, d’autres paramètres qui entrent en ligne de compte. « Nous sommes en train d’entrer dans une nouvelle ère où la consommation énergétique va complètement changer », a-t-il expliqué. « Que l’OPEP produise davantage ou moins, ce n’est pas cela qui va contribuer à augmenter ou diminuer le prix du baril. Que dire, alors, lorsque l’off re actuelle de pétrole est supérieure de 2 millions de barils par rapport à la demande du marché ?», s’est-il interrogé. Parmi les autres paramètres empêchant les cours de remonter substantiellement, et outre les conséquences que la récession économique mondiale a eu comme effet sur les prix de l’énergie, il a cité, entre autres, la hausse progressive, depuis 2007, aux États-Unis, de la production d’hydrocarbures non conventionnels tirés de l’exploitation des gaz de schiste. En fait, selon M. Attar, pas moins de sept paramètres fondamentaux décident aujourd’hui des prix mondiaux du pétrole. Il y a d’abord l’offre et la demande, ensuite la production aux Etats-Unis, 3e producteur après la Russie et l’Arabie saoudite ; la récession économique mondiale et la baisse de la consommation mondiale en énergie, ainsi que le dollar qui s’est renchéri d’environ 25% par rapport à l’euro depuis 2014 constituent d’autres déterminants essentiels des cours de brut, résume-t-il.

UNE RENCONTRE CRUCIALE

Il n’en demeure pas moins qu’Alger sera pendant trois jours, du 26 au 28 septembre prochain, la capitale mondiale de l’énergie et accueillera un peu plus de 600 participants étrangers. Outre les ministres de l’Energie des 73 pays membres de ce Forum, figurent également des responsables, experts et représentants de compagnies pétrolières et gazières ainsi que d’organisations internationales telles que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et le Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG). Lors de ce rendez-vous, les pays membres de l’Opep vont tenter de sceller un accord plafonnant leur production de brut à l’effet de faire remonter ses cours. A ce titre, M. Attar pense que si un tel accord est formellement passé, la première incidence sera un baril à 60 dollars. «Les pays de l’Opep ont intérêt à geler leur production actuelle et il faudrait que tout le monde respecte ce gel sur le terrain », a-t-il préconisé. « Il faut même réduire la production, car ce qu’on perdra en quantité on le gagnera en prix, c’est la dernière chance pour stabiliser les prix et les faire augmenter à 60 dollars en 2017 », a-t-il soutenu. Mais si les producteurs ne parviennent pas à un tel accord, les prix « ne vont pas dépasser 45 dollars/baril en moyenne et c’est ce qui correspond au prix d’équilibre par rapport aux capacités de consommation mondiale actuellement », a-t-il affirmé en estimant qu’un prix de baril au dessus de 100 dollars est par contre à « oublier complètement ».

MISER SUR LE GAZ

Il n’en demeure pas moins qu’un prix plus ou moins élevé du baril de pétrole profitera certes à l’Algérie, mais, avec des réserves gazières de l’ordre de 22 000 milliards de m3, le pays devrait compter plus sur son gaz que sur son pétrole, recommande M. Attar. « Il faut mettre le paquet sur le gaz dont il faudrait absolument économiser la consommation à travers notamment le développement des énergies renouvelables », conseille-t-il en rappelant, que la place des exportations algériennes de gaz sur le marché méditerranéen est tellement importante « qu’aucun pays ne peut la concurrencer ». L’Algérie sera également appelée à exploiter le gaz de schiste le jour où elle acquerra la technologie et les moyens logistiques nécessaires, a-t-il encore prédit. En attendant, il faut préserver la production gazière conventionnelle : le pays produit 83 milliards m3 de gaz/an et en consomme 40 milliards de m3, un niveau de consommation qui a augmenté de 300% par rapport à l’an 2000 et avec une production de l’électricité tirée toujours à 99% du gaz naturel, ce qui représente « un gros problème », estime l’expert. Il estime, qu’une bonne part de la production électrique devrait en revanche se faire à partir des énergies renouvelables. En plus, les 40 milliards de m3 sont consommés à hauteur de 70% par les ménages, par des secteurs non productifs de plus-value et par le secteur des transports, alors que l’industrie n’en consomme que 15%, selon lui. « Si l’on continue avec ce rythme de consommation et si on ne développe pas les énergies renouvelables, l’Algérie pourrait cesser d’exporter du gaz en 2030», avertit M. Attar qui suggère, en parallèle, de faire augmenter graduellement les prix de l’énergie dans le pays.

 

 

Ali Mariam Marina / reporters-dz.com

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