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La production d’or plafonne mais pas de panique

La production d’or plafonne mais pas de panique
Une mine d'or à ciel ouvert de Côte d'Ivoire.Getty Images/Danita Delimont

La production des mines d’or a baissé pour le deuxième trimestre consécutif par rapport à l’an dernier. Certains estiment qu’on a déjà dépassé le «pic or», et que la production d’or ne fera plus que régresser.

Moins de 847 tonnes d’or ont été extraites du sous-sol de la planète au troisième trimestre, et c’est la deuxième baisse consécutive par rapport à l’an dernier. Il n’en faut pas plus pour faire ressurgir la théorie du « pic or », comparable à celle du « peak oil » pour le pétrole : le niveau maximum de production aurifère serait atteint et précéderait un déclin inexorable des ressources en or.

Il est vrai que la production plafonne en ce moment, la teneur des gisements d’or connus est de plus en plus faible, moins d’un gramme par tonne de minerai charrié. Trouver de nouveaux gisements n’est plus la priorité des groupes miniers, le niveau actuel des cours du métal jaune, 1170 dollars l’once contre près de 1900 dollars en 2012, ne leur permet plus les dépenses d’investissement somptuaires du début des années 2000, parce qu’ils sont endettés.

Des ressources qui ne manquent pas

Pour autant la ressource en or ne manque pas dans le sous-sol. L’exploration en Afrique se poursuit. Et toute recrudescence des prix n’est pas improbable si l’inflation repart, l’approbation par la finance islamique des placements adossés à l’or pourrait même doper la demande, plutôt molle en Asie aujourd’hui. De quoi justifier dans les années qui viennent la mise en route de nouveaux projets dans des pays inexplorés, estime Christian Hocquard, économiste des métaux.

« Il y a d’autres pays, d’autres mines. Il suffit que des pays s’ouvrent à l’exploration. Je pense en particulier à la Colombie. En Colombie, dès que les accords avec les FARC vont être trouvés, si la paix s’installe, ça va générer un boom de l’exploration. Vous avez l’Asie du Sud-Est qui s’ouvre : Laos, Birmanie… tous ces pays sont à découvrir. Et puis regardez le boom en Afrique de l’Ouest : il continue malgré les risques avec Aqmi, c’est même étonnant. »

Pas de risque de pénurie de métal précieux, donc, surtout si l’on considère le stock accumulé sur terre sous forme de bijoux et de lingots, ainsi que le développement accéléré du recyclage. La ressource en or est loin de se tarir, même si la production plafonne en ce moment.

Par Claire Fages
rfi

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