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La production mondiale de sucre inférieure à la consommation

La production mondiale de sucre inférieure à la consommation

Comme l’an dernier, la production mondiale de sucre sera inférieure à la consommation. Les stocks de sucre sont à un niveau préoccupant.

 

Pour la deuxième année consécutive, on produira en 2016-2017 moins de sucre (168 millions de tonnes) qu’on en consomme sur la planète (175 mt en 2016-2017). Un nouveau déficit de 7 à 8 millions de tonnes se profile, il est encore plus important que celui de l’an dernier (5,7 mt en 2015-2016). Certes il y a des stocks accumulés pendant les cinq années d’excédents, mais ils fondent à vue d’œil.

À la fin du mois de septembre prochain, les réserves de sucre seront à un niveau inquiétant selon l’Organisation internationale du sucre (ISO) (moins de 75 millions de tonnes). Car la consommation mondiale, elle, ne fait qu’augmenter tous les ans (+2%). C’est ce qui explique la flambée des cours du sucre : + 40 % depuis le printemps.

Si l’envolée se calme un peu ces derniers jours – la récolte brésilienne bat son plein et elle a reçu des pluies bénéfiques (38 millions de tonnes prévues en 2016-2017 contre 35 mt la saison précédente), le niveau des prix, au plus haut depuis quatre ans (plus de 20 cents de dollar la livre de sucre blanc) devrait rester élevé au moins jusqu’au milieu de l’année prochaine.

Une production malmenée en Asie

Le bilan mondial demeure tendu : en Asie la sécheresse apportée par El Niño a fortement réduit la production sucrière en Thaïlande. Et surtout en Inde (28,2 mt en 2015-2016), le deuxième producteur mondial, où les agriculteurs ont encore réduit les surfaces de canne à sucre cette année (24,5 mt prévus en 2016-2017).

Premier pays consommateur au monde, l’Inde s’est mise à taxer les exportations et à limiter le stockage pour calmer les prix. En Chine malgré l’amélioration de la production cette année, le déficit s’aggrave, Pékin devrait rester le premier importateur mondial pour la cinquième année consécutive.

L’Europe va fournir les marchés mondiaux, la production africaine encore insuffisante

L’Europe sera plus gâtée et elle pourra fournir les marchés mondiaux. Libérée des quotas sucriers, elle produira davantage de sucre de betterave (15,65 mt), malgré le recul de la production française. Meilleure récolte également en Russie (4,3 mt à ce jour) et forte progression en Ukraine (1,5 mt). Ce pays de la mer Noire s’introduit dans le club des exportateurs (0,5 million de tonnes exportables en 2016-2017). Déjà fournisseur de l’ancien bloc soviétique, Kiev lorgne à présent les marchés d’Asie, du Moyen-Orient, mais aussi d’Afrique, où la dépendance aux importations de sucre est très forte.

L’Afrique (un peu plus de 10 mt) ne produit pas la moitié de sa consommation. Avec l’Égypte, le Nigeria est un des plus gros importateurs du continent. Mais avec un pouvoir d’achat en diminution et des prix mondiaux en hausse, le géant ouest-africain se met à investir sérieusement dans la production locale de canne à sucre.

Claire Fages / rfi.fr

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